La bataille des droits télé de la Ligue 1 est relancée. Le conseil d’administration de la Ligue de football professionnel (LFP) a validé ce mardi 3 novembre le lancement d’un appel à candidatures pour les droits audiovisuels domestiques du championnat, pour cinq saisons, de 2027-2028 à 2031-2032.
Tourner la page du fiasco
Ce nouvel appel d’offres a une saveur particulière. En 2024, la Ligue avait péniblement cédé ses droits à DAZN et beIN SPORTS, pour un montant très loin des ambitions affichées. Le mariage avec DAZN a tourné court au bout d’une seule saison, sur fond de conflit financier, et la LFP a dû lancer en urgence sa propre chaîne, Ligue 1+, à l’été 2025.
Un an plus tard, la Ligue se présente en position de force. Elle ne vend plus seulement des matchs, mais un « actif stratégique global » : le championnat entier, avec une chaîne déjà installée, ses équipes de production et ses abonnés. Pour la première fois, un seul acteur pourra récupérer 100 % de la Ligue 1.
Un lot unique, deux options
Grande nouveauté : l’intégralité des matchs de Ligue 1 sera vendue en un seul lot. Les diffuseurs intéressés pourront se positionner de deux façons :
- acheter les droits de diffusion de l’ensemble des rencontres, sur le modèle classique ;
- distribuer en exclusivité Ligue 1+, la plateforme lancée par la Ligue la saison dernière.
La LFP estime que le marché a « évolué favorablement » et que plusieurs acteurs ont manifesté leur intérêt. Après une seule saison d’existence, Ligue 1+ est présentée comme « un atout majeur », avec une base d’abonnés jugée solide et des capacités de production maîtrisées par la Ligue.
« Une liberté de choix » pour Vincent Labrune
« Avec Ligue 1+, nous avons retrouvé une liberté de choix qui nous permet d’aborder cette consultation avec sérénité », assure le président de la LFP, Vincent Labrune, qui dit vouloir choisir « le projet qui conjugue au mieux la valeur pour les clubs, l’exposition du championnat et l’accessibilité pour les supporters ».
Pour Olivier Bramly, directeur général de LFP Media, les candidats pourront « se positionner sur 100 % de la compétition, une première », soit en achetant les droits, soit en s’appuyant sur l’écosystème déjà construit autour de Ligue 1+.
Ce qui se joue pour le Racing
Derrière ce dossier technique, il y a l’argent qui fait vivre les clubs. Les droits télé restent l’une des premières recettes des clubs de Ligue 1, et leur effondrement depuis 2024 a pesé lourd sur les budgets. Pour le Racing comme pour les autres, le montant obtenu fixera une partie des moyens disponibles jusqu’en 2032.
Côté supporters, l’enjeu est tout aussi concret : sur quelle chaîne, avec quel abonnement et à quel prix faudra-t-il regarder le Racing à partir de l’été 2027 ? Ligue 1+ restera-t-elle la porte d’entrée, ou un grand diffuseur reprendra-t-il la main ?
Réponse attendue le 3 décembre
Les candidats ont un mois pour se manifester : la consultation est ouverte jusqu’au jeudi 3 décembre 2026. Les offres seront ensuite examinées par la LFP et sa filiale commerciale, LFP Media. Le verdict pourrait redessiner le paysage du football à la télévision en France pour cinq ans.











