Longtemps observé avec prudence, le projet de multipropriété de BlueCo soulève aujourd’hui de sérieuses inquiétudes. Le possible départ de Liam Rosenior vers Chelsea, en pleine saison et à un moment clé pour le Racing, interroge sur la place réelle accordée au club alsacien.
Qu’il est difficile d’imaginer le départ de Liam Rosenior, entraîneur du Racing Club de Strasbourg, en pleine saison. Et pourtant, tout porte à croire que le technicien anglais s’apprête à quitter l’Alsace pour rejoindre Chelsea, et ce avant même la rencontre de Coupe de France à Avranches programmée le week-end prochain.
Un départ qui ne serait pas le fruit du hasard, mais bien une décision impulsée par les actionnaires du Racing, également propriétaires de Chelsea, afin de compenser le licenciement d’Enzo Maresca, remercié après 18 mois à la tête des Blues. Une situation qui soulève de nombreuses interrogations sur l’implication réelle de BlueCo au Racing et sur la place accordée au club alsacien dans ce projet de multipropriété.
Depuis l’arrivée de ce nouvel actionnaire, Direct Racing n’a jamais pris parti pour ou contre ce modèle. Le média a choisi l’attente, l’observation et l’analyse, laissant au projet le temps de s’installer et de prouver ses intentions. Mais la décision qui se profile aujourd’hui marque un tournant et nous inquiète grandement, tant par son timing que par ce qu’elle révèle de la hiérarchie réelle des priorités.
Un tel choix aurait pu s’entendre s’il avait été acté lors de la trêve estivale. Mais le moment choisi interroge profondément. Il s’inscrit dans la continuité de décisions souvent jugées déroutantes depuis l’arrivée du groupe américain. Si le départ de Liam Rosenior venait à être confirmé — ce qui semble désormais inéluctable — BlueCo donnerait l’image d’un actionnaire prêt à déstabiliser sportivement le Racing, sans considération suffisante pour son ancrage local et son identité.
Dans ce contexte, Marc Keller a pourtant multiplié les échanges ces derniers jours pour tenter de conserver son entraîneur. Une position délicate, mais logique : en ayant vendu le club et l’intégralité de ses parts, le président du Racing n’est, par définition, plus décisionnaire. Pour autant, la situation actuelle semble l’avoir profondément affecté. À tel point qu’il aurait, tout récemment, envisagé une démission, conscient des limites de son rôle et du fossé grandissant entre sa vision du club et certaines décisions imposées.
Pour l’heure, rien ne permet de dire si cette réflexion est toujours d’actualité. Mais une chose est certaine : si le Racing venait à perdre Liam Rosenior dans ces conditions, ce ne serait pas seulement un entraîneur qui s’en irait. Ce serait un signal fort — et inquiétant — envoyé sur la gouvernance du club et sur la place réelle accordée au Racing dans le projet global de ses propriétaires.








