Nommé entraîneur du RCSA après le départ de Gary O’Neil à Ipswich, Hugo Oliveira s’est présenté en longueur lors d’un premier point presse. État d’esprit, philosophie de jeu, parcours et projet club, nous vous racontons les coulisses de cette rencontre.
Il est entré tout sourire dans un salon du stade de la Meinau, utilisé à l’occasion de son premier et unique point presse avant sa prise de fonction, ce lundi sur le terrain d’entraînement. Des premiers « Bonjour » en français aux deux journalistes et au photographe présents pour apprendre à le connaître durant une quinzaine de minutes. Questionné sur sa fierté de signer à Strasbourg, ses expériences passées, sa vision du football et son rapport à la communication avec le vestiaire, Hugo Oliveira a prôné un discours maitrisé. Le Portugais a même répondu plusieurs fois en français, une langue apprise à l’école qu’il compte largement développer dans les prochains mois. Surtout, il ne s’est pas privé de faire de longues réponses, ce qui sera sûrement très apprécié au fil de ses interventions médiatiques. Oliveira (47 ans) a narré « l’émotion de Marc Keller » et « l’ambition de David Weir » pour le convaincre de signer au club. Fier de relever ce nouveau défi dans un pays qui lui est pour l’instant inconnu, le premier technicien portugais de l’histoire du Racing veut laisser son empreinte à tous les niveaux.
Sur le jeu, son discours se rapproche de celui prononcé par Liam Rosenior il y a deux ans. Un football fait de prises de risque et de domination avec ballon, avec une vive réaction à la perte non sans négliger l’importance des transitions rapides dans le football moderne. Oliveira a même emprunté une célèbre citation sans le nommer de la légende Johan Cruyff (« Mon gardien est mon premier attaquant, mon buteur est mon premier défenseur) ». À l’écouter, il s’agit d’un passionné bien sûr, clamant lui-même qu’il était complètement fou de football dans son enfance. Joueur jusqu’au troisième échelon national, ses entraîneurs lui ont surtout conseillé de passer de l’autre côté. Un joueur ayant déjà la fibre pour entraîner, prodiguer des conseils, avoir des idées, transmettre… « Quand j’avais 20 ans on me disait que j’avais le profil pour devenir entraîneur. J’ai commencé en tant qu’assistant pour entraîner les gardiens, j’ai monté les échelons et je suis arrivé à Benfica. Ensuite j’ai suivi Marco Silva en devenant son adjoint en Angleterre pendant 7 ans (Hull City, Watford, Everton, Fulham), avant de devenir à mon tour entraîneur principal à Famalicao ».
Polyglotte et tourné vers les supporters
À Strasbourg, Hugo Oliveira va apprendre une nouvelle culture, après avoir vécu au Portugal et en Angleterre. Se faire comprendre par ses joueurs et établir un lien fort avec les supporters sont aussi ses priorités. Par la maitrise de quatre langues (portugais, anglais, français, espagnol), l’ancien de Famalicao mesure l’importance de dialoguer régulièrement avec des joueurs de tous horizons pour les tirer vers le haut. Il apprendra sûrement très vite le contexte délicat avec les supporters du club, dont les principaux groupes font toujours grève depuis deux ans dans le premier quart d’heure, sur fond de désaccord sur le principe de multipropriété. Mais il a rapidement pensé à eux. « Je veux procurer des émotions aux supporters. Ils sont le douzième homme, ensemble on sera plus forts. » Il en verra d’ailleurs quelques-uns ce lundi matin pour le premier entraînement ouvert au public. Hugo Oliveira a donc fait bonne impression, mais dans un club où les deux précédents entraîneurs ont fait de même avant de s’en aller subitement dans des conditions discutables, il en faudra naturellement plus. « Wait and see », ou plutôt, « vamos ver o que acontece ».











