Sept joueurs du Racing ont disputé la phase à élimination directe du Mondial américain. Un mois plus tard, le bilan donne le vertige : un but qui élimine l’Allemagne, deux quart-de-finalistes, et un Strasbourgeois qui — une première dans l’histoire du club, selon toute vraisemblance — disputera la finale dimanche. Tour d’horizon d’une Coupe du monde qui a fait rayonner la Meinau sur trois continents.
Enciso, le tombeur de la Mannschaft
S’il ne fallait retenir qu’une image, ce serait celle-là. Le 29 juin à Boston, Julio Enciso surgit dans la surface allemande et place une tête imparable sur un centre de Matías Galarza. Ce but lance l’un des plus grands exploits de cette Coupe du monde : l’élimination de l’Allemagne, quadruple championne du monde, au bout d’une séance de tirs au but historique — la première jamais perdue par la Mannschaft dans un Mondial. Décisif sur la quasi-totalité des buts paraguayens du tournoi (un but, deux passes décisives), le golden boy de la Meinau est devenu au passage le quatrième buteur strasbourgeois de l’histoire de la Coupe du monde. L’aventure de l’Albirroja s’est arrêtée au tour suivant contre la France, mais Enciso restera comme le visage de l’un des séismes du tournoi.
Yassine et El Mourabet, dans le Top 8 avec les Lions de l’Atlas
Le Maroc a une nouvelle fois honoré son statut de place forte du football mondial, et deux Strasbourgeois étaient du voyage. Gessime Yassine s’est même offert un but face à Haïti (4-2) — devenant le troisième joueur de l’histoire du Racing à marquer en Coupe du monde, le premier depuis Gérard Hausser face au Mexique… en 1966. Soixante ans d’attente, balayées par un joueur arrivé au club en janvier. La campagne marocaine a eu de l’allure : un nul de haute lutte contre le Brésil (1-1), les Pays-Bas sortis aux tirs au but après une égalisation à la 91e minute, puis le Canada, pays hôte, balayé 3-0. Le parcours de Samir El Mourabet et Yassine s’est achevé en quart de finale face à la France — avec, à la clé, une place dans le Top 8 mondial pour une sélection qui pointe désormais au 7e rang FIFA, son meilleur classement historique.
Doué, pionnier avec les Éléphants
Guéla Doué a participé à une page d’histoire du football ivoirien : la toute première qualification des Éléphants pour la phase à élimination directe d’une Coupe du monde, en quatre participations. Titulaire dans le couloir droit, le Strasbourgeois a même failli marquer les seizièmes de son empreinte, avec un centre-tir puissant détourné par Nyland dès le retour des vestiaires face à la Norvège. Il aura finalement fallu un but d’Erling Haaland à la 86e minute pour éteindre la Côte d’Ivoire (1-2). Une sortie cruelle, mais la confirmation que Doué a le niveau international — ce que le mercato n’a d’ailleurs pas manqué de remarquer.
Penders et Moreira, si près du dernier carré
La Belgique a offert à ses deux Strasbourgeois un parcours consistant : une remontada face au Sénégal en seizièmes — avec une entrée remarquée de Diego Moreira —, une démonstration contre les États-Unis en huitièmes (4-1), puis une sortie frustrante en quart face à l’Espagne (1-2), sur une erreur du gardien remplaçant en fin de match. Un scénario d’autant plus rageant côté alsacien que Mike Penders était sur le banc à ce moment-là : après la blessure de Thibaut Courtois, Rudi Garcia lui a préféré Senne Lammens — un choix que Zlatan Ibrahimović, consultant pour FOX Sports, a publiquement fustigé. À la Meinau, on connaît la réponse depuis un an : Penders méritait sa chance.
Barco, une première dans l’histoire du club
Et puis il y a Valentín Barco. Son temps de jeu est resté modeste — une vingtaine de minutes lors de la victoire contre la Jordanie (3-1) en phase de poules —, mais l’essentiel est ailleurs : sauf oubli des historiens du club, le latéral argentin est le premier joueur sous contrat avec le Racing à disputer une finale de Coupe du monde. Ni Heisserer en 1938, ni Hausser en 1966, ni Dropsy en 1978 et 1982 n’étaient allés aussi loin. L’Albiceleste a tracé un parcours de champion pour l’y emmener : le Cap-Vert en prolongation, l’Égypte, la Suisse, puis l’Angleterre, renversée 2-1 dans le temps additionnel d’une demi-finale électrique — conclue par l’incident avec Jude Bellingham dont Barco s’est retrouvé la cible malgré lui. Dimanche, face à l’Espagne, le Strasbourgeois peut devenir champion du monde. Quelle que soit l’issue, il refermera son aventure alsacienne, direction Chelsea, par le plus prestigieux des chapitres.
Et la famille élargie du Racing n’était pas en reste : Robin Risser, formé au club et aujourd’hui à Lens, a vécu l’aventure comme troisième gardien des Bleus, tandis que l’ancien capitaine Habib Diarra défendait les couleurs du Sénégal. La Meinau était décidément partout dans ce Mondial.











