Pourquoi le Racing a-t-il vendu autant cet été ? Dans un long entretien accordé aux DNA ce lundi, Marc Keller a livré une explication chiffrée, rare de la part d’un président de club. Tout part de la sanction infligée par l’UEFA fin juin, une amende de 13 millions d’euros, plus 12 millions avec sursis. « Ce n’était pas une surprise », dit-il. « Comme Marseille, Monaco ou Lyon, on doit réduire notre ratio lié au coût de l’équipe pour rentrer dans les clous européens. »
Pour y parvenir, le président liste trois leviers. Les droits télé d’abord, mais « on ne les maîtrise pas et ils sont très bas en France », 5 à 6 millions d’euros pour le Racing contre 110 à 120 millions pour un club anglais placé au même rang. Le stade ensuite : la nouvelle Meinau doit générer entre 45 et 50 millions de chiffre d’affaires par an. Et surtout la vente de joueurs. « C’est la réalité du football français. Tous les clubs qui veulent jouer l’Europe doivent peu ou prou générer chaque année 100 millions d’euros de revenus dans cette colonne-là. »
Un rattrapage, pas une braderie
Avec Moreira, Barco, Doué, Emegha, Enciso et Ouattara, le Racing a encaissé près du double cet été. Marc Keller y voit un rattrapage : « On a beaucoup investi les premières années et peu vendu. Or l’UEFA calcule les revenus des transferts sur la moyenne des trois dernières années civiles. » Il ajoute un argument de fond sur la durée des cycles, passée « de trois à cinq saisons » à son époque de joueur à « des périodes courtes de deux ans » aujourd’hui.
Le président insiste : ces contraintes n’ont pas bridé l’ambition. « Nous avons investi près de 100 millions d’euros dans les recrues », rappelle-t-il, dix-sept au total, un mercato reconstitué dans notre suivi. Sa conclusion tient en une phrase : « Là, on est engagé sur la bonne voie. »











