Capable de faire tomber des équipes mieux armées puis de trébucher face à un concurrent direct, Sélestat déroute ses supporters et les observateurs en ce début de saison. Après sept journées de StarLigue, les Violets occupent la neuvième place avec six points. Un bilan qui traduit autant leur potentiel que leur irrégularité.
Une équipe qui ne respecte pas la hiérarchie
Depuis le lancement de la saison 2026-2027, parier sur une rencontre disputée par les Sélestatiens s’avère périlleux. Une semaine, les Violets s’inclinent à domicile face à Dunkerque, alors en difficulté au classement. La suivante, ils s’imposent sur le parquet de Cesson-Rennes, un déplacement qui n’avait rien d’une formalité. Entre les deux, ce début de saison a également été marqué par une élimination en Coupe de France à Besançon, pensionnaire de ProLigue, mais aussi par des succès probants face à Chambéry et à Toulouse.
Ce grand écart raconte quelque chose de cette équipe. Sélestat possède suffisamment de talent pour bousculer la hiérarchie et suffisamment de ressources pour rebondir après une désillusion. À Tremblay, les Alsaciens avaient d’ailleurs proposé une prestation intéressante sans être récompensés au tableau d’affichage. Le potentiel est là, visible, parfois enthousiasmant. Mais le potentiel ne rapporte aucun point à lui seul.
Le collectif et le vécu commun comme forces, l’inconstance comme menace
Le succès à Cesson-Rennes (33-36) a rappelé que le SAHB ne manquait ni de caractère ni de solutions. Le retour en forme de Quentin Eymann (5/7), après une période perturbée par une douleur à l’épaule, illustre également l’importance des individualités capables de faire basculer une rencontre. Surtout, le groupe dispose d’un vécu commun et de repères collectifs qui peuvent lui permettre de traverser les périodes difficiles.
Reste à transformer ces qualités en garanties. Car une équipe capable de battre des formations théoriquement supérieures doit aussi apprendre à gérer les rencontres où elle part favorite, ou du moins à sa portée. Le revers face à l’USDK n’est pas seulement une mauvaise opération comptable : il rappelle que Sélestat peut rapidement se mettre en difficulté.
Dans un championnat aussi exigeant que la StarLigue, cette irrégularité peut coûter cher. Elle peut également fragiliser la confiance et installer le doute si les contre-performances s’enchaînent.
Caen et Nîmes, la bascule ?
Le calendrier offre justement aux hommes de Laurent Busselier l’occasion de montrer qu’ils ont retenu les leçons de leurs premiers rendez-vous. La réception de Caen, promu surprenant, sera suivie d’un déplacement à Nîmes. Deux rencontres différentes, mais un même impératif : prolonger la dynamique de Cesson sans retomber dans les travers observés depuis septembre.
Neuvième au classement après sept journées, le SAHB aurait sans doute signé pour un tel bilan comptable. Mais l’irrégularité de ses performances doit également entrer dans l’équation. Les Violets peuvent-ils s’installer durablement dans cette zone, voire regarder plus haut ? Ou leur manque de constance les ramènera-t-il vers une lutte plus inconfortable ?
La réponse ne se trouvera pas dans un exploit isolé, aussi séduisant soit-il. Elle se construira dans la répétition des efforts, la maîtrise des temps faibles et la capacité à gagner les matches qui semblent à leur portée. Pour Sélestat, le prochain cap n’est peut-être pas de surprendre davantage. C’est d’abord de devenir une équipe sur laquelle on peut compter chaque semaine.









