Rappelé de son prêt par Chelsea et parti en Argentine six mois après son arrivée à Strasbourg, Kendry Paez n’a pas répondu aux nombreuses attentes placées en lui. Notamment en raison de son manque de professionnalisme.
Kendry Paez n’est plus Strasbourgeois. Voilà que le milieu offensif de l’Équateur (18 ans) quitte le Racing six mois après son arrivée. Chelsea l’a rappelé de son prêt pour l’envoyer en Argentine à River Plate. Pourtant, Kendry Paez est arrivé au Racing avec l’étiquette du joueur frisson, capable de déséquilibrer sur chaque prise de balle et doté d’une qualité de pied au-dessus de la moyenne. Comment expliquer sa trajectoire ? A-t-il gâché une partie de son talent aux yeux des observateurs du football européen ?
Des espoirs dès le début
Arrivé avec beaucoup d’attentes autour de lui et un statut de prodige équatorien à gérer, devenu en octobre 2023 le plus jeune buteur de la zone Amérique du Sud (16 ans et 5 mois), puis 4 apparitions en Copa America 2024 (77 minutes par match) lors du parcours jusqu’en quarts de finale de l’Équateur. Ses premières apparitions avec le Racing laissaient entrevoir des promesses. Notamment lors de son premier match amical avec Strasbourg à Mayence début août. Une première apparition (avant une seconde l’après-midi, toujours à Mayence) où nous étions le seul média français présent sur place. Voici ce que nous écrivions ce jour-là : « Kendry Paez a pu montrer son intéressante vision du jeu mais aura besoin de temps pour la mettre en pratique. S’il est loin d’être embêté avec le ballon sur sa première touche, les suivantes ont parfois été trop longues et imprécises. Paez a perdu plusieurs ballons et devra s’habituer au pressing du football européen qui offre moins de temps et d’espace pour agir ». Il lui a manifestement fallu plus de temps que prévu.
Mais un temps de jeu qui s’étiole
Une fois la saison lancée, Paez a eu l’occasion de se montrer. Deux titularisations et 45 minutes disputées en moyenne par match sur ses 5 premières apparitions en Ligue 1, puis buteur lors de la 5ème journée au Paris FC (2-3). Titulaire ensuite lors de la réception de Marseille, Paez sera sorti à la mi-temps. Il aura manqué au jeune milieu offensif de la continuité. Dans son jeu d’abord, auteur de prestations irrégulières et parfois frustrantes dans ses choix avec ballon. Dans sa saison ensuite, limité progressivement à un temps de jeu moindre et cantonné à un rôle de supersub. Son temps de jeu gonflé en Ligue Conférence (3 titularisations en 5 matches) au sein d’une équipe malgré tout composée d’habituels remplaçants n’a pas permis au joueur d’en avoir autant en championnat (4 titularisations en 18 rencontres de L1). Kendry Paez a disputé 21 rencontres toutes compétitions confondues mais à aucun moment il n’aura donné l’impression de prétendre à une place de titulaire en devenir.
Une hygiène de vie forcément dans la balance
Déjà averti par son sélectionneur équatorien après la parution de vidéos montrant Paez en boite de nuit alors qu’il était encore mineur et en sélection –“Il est très talentueux (Kendry), mais il doit mieux gérer ces situations” – celui qui est devenu majeur l’été dernier n’a donc pas mesuré l’importance de l’hygiène de vie du footballeur professionnel. Si chaque joueur de football est en droit d’avoir une vie sociale, notamment nocturne, et il serait malhonnête de penser que ce n’est pas le cas, ce sont surtout les actes du joueur lors de ces sorties qui lui ont été reprochés, et qui n’ont probablement pas aidé à son développement sur le terrain. Car sortir en boîte de nuit à des moments intelligemment choisis est une chose, consommer des substances illicites en est une autre. Il convient de reconnaître que les sorties nocturnes de Kendry Paez ne sont pas uniquement la cause de son échec à Strasbourg. Mais une hygiène de vie négligée peut avoir un impact certain sur les performances sportives pour des raisons évidentes de récupération et de préparation du corps à l’effort.
En quittant le Racing après seulement six mois de football européen à son actif, il est clair que la trajectoire de Kendry Paez n’a pas été celle escomptée au départ. Un aveu de faiblesse qui compromettra peut-être son avenir en Europe. Car ces joueurs ayant grandi pour la plupart dans des conditions difficiles ne semblent pas tous armés et conditionnés pour un football de très haut niveau où le moindre écart sera sanctionné. Sans tomber dans des généralités à propos des Brésiliens, souvent cités dans ces sujets, certains joueurs ont sans doute tout simplement besoin de s’amuser à leur manière pour être heureux sur le terrain. Son nouveau départ à River Plate pourra alors lui permettre de retrouver le football avec lequel il a grandi et dans lequel il se sent peut-être mieux. Avant de mieux revenir en Europe ?






