L’information a de quoi surprendre, et elle ne va pas plaire du côté de la Meinau. Selon le média Tribuna, le Racing et Ipswich Town auraient conclu un accord définitif pour le transfert de Julio Enciso. L’attaquant paraguayen se rendrait en Angleterre dans les prochaines heures pour y passer sa visite médicale. Une information qui reste à confirmer, mais qui prend à contre-pied tout ce que l’on savait du dossier.
| Fin juillet | Une rumeur turque annonce une offre de Galatasaray. Démenti : aucune offre, aucun contact. |
| 1er août | Ipswich se positionne. Le Racing n’entend pas libérer son joueur. |
| 11 août | Tribuna annonce un accord définitif entre les deux clubs. |
Ce que nous écrivions il y a dix jours
Le contraste est saisissant. Le 1er août, nous indiquions que le Racing n’entendait pas libérer son Paraguayen, malgré l’intérêt d’Ipswich et de son entraîneur Gary O’Neil, qui connaît bien le joueur pour l’avoir dirigé à la Meinau.
La semaine précédente, nous avions déjà démenti une rumeur turque annonçant une offre de Galatasaray : aucune proposition, aucun contact. La position du club était constante — Enciso n’était pas sur le marché.
Mais nous l’écrivions aussi ce matin
Dans notre point sur les rumeurs de l’été, publié il y a quelques heures à peine, une réserve figurait noir sur blanc : ne pas souhaiter vendre un joueur n’a jamais signifié qu’il ne partira pas. Dans le football, il existe toujours des offres qu’un club ne peut pas refuser — et la présence de BlueCo derrière le Racing ne change rien à cette règle.
Si l’information de Tribuna se confirme, c’est précisément ce scénario qui se serait produit.
Deux hypothèses
Deux lectures s’imposent, et elles ne s’excluent pas.
L’offre irrefusable, d’abord. Enciso est valorisé à plus de 35 millions d’euros, et son statut a considérablement grimpé après un Mondial où il fut décisif sur la quasi-totalité des buts paraguayens, dont celui qui a lancé l’élimination de l’Allemagne. Un club de Premier League disposant de moyens conséquents peut avoir fait sauter les résistances alsaciennes.
Le choix du joueur, ensuite. Enciso connaît l’Angleterre pour y avoir évolué à Brighton, et il retrouverait à Ipswich un entraîneur qui l’a dirigé et qui n’a jamais caché son admiration pour lui. La Premier League reste par ailleurs, pour un joueur de 22 ans, une vitrine qu’aucune autre destination n’égale.
Les anciens coachs ne font pas de cadeaux
Le scénario a d’ailleurs un précédent troublant. L’hiver dernier, c’est Liam Rosenior qui, à peine arrivé à Chelsea, rappelait Mamadou Sarr de son prêt en Alsace — privant le Racing d’un défenseur central au beau milieu de la saison.
Six mois plus tard, c’est au tour de Gary O’Neil de venir puiser dans l’effectif qu’il a lui-même dirigé. Deux entraîneurs passés par la Meinau, deux tentatives réussies de récupérer un joueur qu’ils connaissaient parfaitement. La connaissance du vestiaire strasbourgeois est visiblement un atout que l’on emporte avec soi — et dont on se sert.
Un coup dur sportif
Si le départ se concrétise, il tombe au pire moment. À dix jours de la reprise du championnat, le Racing perdrait le seul joueur capable d’occuper la pointe de son attaque : Joaquín Panichelli est toujours en convalescence, Miloš Luković blessé, et Sékou Mara vient à peine de retrouver les terrains.
La cellule de recrutement cherchait déjà deux attaquants. Il en faudrait désormais trois — en vingt jours, avant la clôture du marché fixée au 1er septembre à 20 heures.
Prudence, toutefois
Le dossier n’est pas encore officialisé, et nous resterons prudents tant que le club ou le joueur ne se seront pas exprimés. Mais l’information est suffisamment précise — accord définitif, déplacement imminent, visite médicale programmée — pour être prise au sérieux.
Si elle se vérifie dans les prochaines heures, elle rappellera une vérité que ce mercato n’a cessé d’illustrer : dans le football, tout peut aller très vite.
Le Racing ne voulait pas vendre Enciso. Il ne voulait pas non plus le brader. Entre les deux, il y a un montant — et il se pourrait qu’Ipswich l’ait trouvé.











