Invité du Canal Football Club ce dimanche soir, Frédéric Antonetti est revenu sur la situation du Racing Club de Strasbourg et sur les tensions qui entourent régulièrement le projet mené par BlueCo. Ancien entraîneur du club alsacien, arrivé dans un contexte sportif très difficile, le technicien corse connaît bien l’environnement strasbourgeois, ses exigences, ses passions et ses contradictions.
Interrogé sur l’attitude des supporters à Strasbourg, Antonetti a tenu à rappeler le chemin parcouru par le club en peu de temps.
“Quand je suis arrivé, l’équipe était 18e et il y avait les mêmes problèmes. Aujourd’hui, le club est en Europe et 8e, et il y a toujours les mêmes problèmes.”
Un constat direct, presque brutal, mais qui résume selon lui la complexité du débat autour du Racing. Les résultats sportifs se sont améliorés, le club a retrouvé l’Europe, mais une partie des inquiétudes demeure. Pas forcément sur le terrain uniquement, mais sur l’identité, la gouvernance et la place du club dans un projet plus large.
Frédéric Antonetti comprend cette tension. Il sait que les supporters veulent voir leur club progresser, mais pas au prix d’une perte de repères. Pour lui, c’est précisément là que se trouve le paradoxe.
“Les gens veulent conserver leur identité, mais aussi avoir une bonne équipe, et en France ce n’est pas possible.”
L’ancien coach strasbourgeois a ensuite livré une position nuancée sur la multipropriété. Sur le principe, il n’y est pas favorable. Mais dans le contexte économique actuel du football français, il estime qu’il devient très difficile de lutter sans nouveaux moyens financiers.
“Je suis personnellement contre la multipropriété, mais en France il n’y a pas d’autres solutions pour rester compétitif face aux clubs anglais, italiens, espagnols ou allemands.”
Avant de conclure par une phrase forte :
“En France, il n’y a plus de moyens.”
Ces propos résonnent forcément à Strasbourg. Depuis l’arrivée de BlueCo, le Racing avance dans un climat particulier : sportivement, le club a franchi un cap, jusqu’à disputer une demi-finale européenne cette saison. Mais humainement et symboliquement, une partie du public continue de s’interroger sur la direction prise.
Antonetti ne nie pas ces craintes. Il rappelle simplement une réalité économique : aujourd’hui, pour grandir, recruter, conserver ses meilleurs joueurs et exister face aux autres championnats, les clubs français doivent trouver des ressources nouvelles.











