Après l’élimination du Racing face au Rayo Vallecano en demi-finale de Ligue Conférence, Gary O’Neil a été interrogé sur la gestion de son effectif. Le coach strasbourgeois aurait-il aimé faire davantage tourner lors de cette deuxième partie de saison ? A-t-il manqué de solutions fiables sur le banc pour préserver certains cadres, à l’image de Valentin Barco, Samir El Mourabet ou d’autres joueurs très sollicités ?
Dans sa réponse, l’entraîneur anglais a reconnu une réalité : le Racing n’était pas forcément construit pour encaisser une saison aussi dense, avec autant de matchs et autant d’exigence.
“Je pense que c’est la première année du club avec autant de matchs, et il est normal que l’effectif ne soit pas construit pour ça. Si vous regardez les autres équipes en Europe qui doivent jouer cinquante matchs, ce sont plutôt des équipes comme le Bayern Munich ou le PSG.”
Gary O’Neil a notamment pris l’exemple du PSG pour expliquer l’écart de profondeur entre les grands clubs habitués à enchaîner les compétitions et le Racing actuel.
“Eux, si Barcola est blessé, alors Doué joue, Dembélé joue… Ils peuvent changer. Ils ont deux équipes. Nous, nous n’avons pas deux équipes pour le moment.”
Le constat est clair : selon lui, l’écart entre le onze type strasbourgeois et les solutions de rotation reste trop important.
“La différence entre notre onze le plus fort et notre deuxième onze est assez grande. Cela ne veut pas dire que les joueurs de l’effectif ne peuvent pas aider, parce qu’ils le peuvent. Mais quand vous devez tous les mettre ensemble, c’est très difficile pour eux.”
L’entraîneur du Racing a notamment évoqué les matchs face à Rennes et Toulouse, où les nombreuses rotations avaient mis en lumière les limites du groupe.
“Comme vous l’avez vu contre Rennes et contre Toulouse ce week-end, cela peut être difficile. Surtout que nous n’avons même pas de latéraux. J’ai deux latéraux : Guéla Doué et Ben Chilwell. Donc quand ils ne peuvent pas jouer, c’est un milieu qui doit jouer ici, ou un défenseur central.”
Gary O’Neil a aussi rappelé les complications en défense centrale depuis certaines absences importantes.
“Nous avons souffert depuis que nous avons perdu Sarr et Aaron. Nous avons dû utiliser Doukouré et Omobamidele quasiment seuls. Il y a donc eu beaucoup de complications.”
Mais le coach anglais a immédiatement refusé de s’en servir comme excuse.
“Mais ce n’est pas une excuse pour expliquer où nous en sommes. J’accepte où nous en sommes. Je suis fier de là où nous sommes arrivés.”
Gary O’Neil a ensuite comparé cette élimination à celle vécue en Coupe de France face à Nice. Selon lui, la prestation strasbourgeoise avait alors été suffisante pour passer dans la plupart des scénarios.
“Pour moi, nous étions largement la meilleure équipe contre Nice en demi-finale. Nous avons créé le plus d’occasions, nous aurions dû gagner le match confortablement. Nous sommes punis sur un moment, sur une contre-attaque, mais la performance contre Nice était suffisante pour gagner cette demi-finale neuf fois sur dix.”
Mais face au Rayo Vallecano, le constat est différent. Gary O’Neil reconnaît que son équipe n’a pas réussi à atteindre le niveau nécessaire.
“Aujourd’hui, ce n’était pas ça. Aujourd’hui, ce n’était pas ça. Le Rayo Vallecano est une excellente équipe. Ils sont venus jouer contre nous. Ils ne sont pas venus s’asseoir et défendre. Ils ont joué sur les deux matchs.”
Le technicien strasbourgeois a également souligné la capacité du Rayo à renforcer son équipe grâce à son banc dans les fins de match, là où le Racing a justement souffert de son manque de profondeur.
“Ils ont été capables de rendre leur équipe plus forte depuis le banc en fin de match. Ils ont fait de bons changements, et ils méritent de passer.”
La conclusion de Gary O’Neil est lucide, presque brutale.
“Nous n’avons pas été capables d’atteindre le niveau pour rivaliser avec eux ce soir.”
Cette élimination laisse donc une leçon forte pour le Racing. Pour exister sur plusieurs tableaux, il ne suffit pas d’avoir un onze compétitif. Il faut un groupe complet, des doublures capables d’assumer, des profils adaptés à chaque poste et un banc qui permet de maintenir le niveau lorsque les titulaires sont absents ou fatigués.
Gary O’Neil l’a dit sans détour : Strasbourg n’a pas encore “deux équipes”. Et si le club veut franchir un cap la saison prochaine, il devra construire un effectif plus profond, plus équilibré et plus armé pour éviter que les blessures, les suspensions et l’enchaînement des matchs ne finissent encore par le rattraper.











