La grave blessure du meilleur buteur du club à l’époque est sans doute la nouvelle qui a été la plus difficile à gérer dans la fin de saison du Racing.
Le Racing Club de Strasbourg boucle sa saison sans avoir atteint ses objectifs de titre, ou au moins de finale. Largué en championnat et éliminé en demi-finale de la Coupe de France et de la Ligue Conférence, le club a connu de grandes difficultés qui ont semé son parcours d’embûches. La grave blessure de son meilleur buteur Joaquin Panichelli est sans doute le point de bascule dans la fin de saison de son équipe. Maintenant que la saison est close et qu’il ne reste que des regrets, il est peut-être trop facile de le dire. Mais sur le coup déjà la vague de pessimisme s’abattait sur la Meinau.
Nous sommes le 27 mars au petit matin lorsque nous apprenons la nouvelle, communiquée à 3h35 heure française par les journalistes locaux. Joaquin Panichelli se blesse tout seul à l’entraînement de la sélection argentine et se rompt le ligament croisé antérieur du genou droit. Catastrophe en Alsace. Le meilleur buteur de Ligue 1 à ce moment-là mais surtout le garant de l’identité de l’animation offensive du Racing va manquer toute la fin de saison. Immédiatement, les visages se crispent, les doutes s’installent. « Quand j’ai appris la blessure de Panichelli pendant la trêve, j’ai compris que ce serait compliqué d’atteindre nos objectifs » déclare alors l’entraîneur Gary O’Neil. Surtout que l’autre attaquant Emanuel Emegha était encore blessé aux ischios et que David Datro Fofana n’a jamais rendu satisfaction.
Attaque à repenser… en vain
Alors il faut reprendre à zéro. Il faut repenser l’animation offensive et trouver des solutions devant. Gary O’Neil a deux choix face à lui : aligner d’entrée David Datro Fofana ou opter pour un joueur offensif en faux numéro 9 (Nanasi, Enciso, Godo). L’entraîneur anglais teste les deux, et l’option Julio Enciso s’avère la moins contraignante. Mais le Paraguayen est un joueur habile dans les petits espaces pour combiner et s’appuyer sur un point de fixation, moins pour être le dernier maillon de la chaîne et être à la retombée des ballons. Alors c’est insuffisant pour tenir la route. Strasbourg ne gagne que 3 fois en 10 rencontres depuis la blessure de l’Argentin, sort honteusement de la Coupe de France par Nice (0-2) et de la Coupe d’Europe par le Rayo Vallecano sans marquer le moindre but (1-0 puis 0-1).
Blessures aux postes clés, manque de profondeur de banc et obligation de faire tourner avec des jeunes pousses en Ligue 1, Gary O’Neil s’est retrouvé dans une situation que redoutent tous les entraîneurs et qu’il est difficile de lui reprocher. Les joueurs étaient trop courts physiquement pour jouer sur tous les tableaux, et le scénario catastrophe s’est produit. Une saison vierge de titres et bourrée de regrets tant le début de saison promettait l’ivresse. Mais c’était avant la bombe Panichelli. Avant la gueule de bois.











