Remonté en Ligue 1 à l’été 2017, le RC Strasbourg Alsace a d’abord dû réapprendre à survivre dans l’élite. Huit ans plus tard, le club alsacien n’a plus tout à fait le même statut. Entre maintiens arrachés, saisons de transition, qualification européenne, double demi-finale et progression dans la hiérarchie nationale, le Racing s’est durablement réinstallé dans le paysage de la Ligue 1.
La trajectoire n’a pourtant jamais été linéaire. Depuis son retour, Strasbourg a connu des saisons de souffrance, comme en 2017-2018, 2020-2021 ou 2022-2023, toutes conclues à la 15e place. Mais le club a aussi connu plusieurs pics : une 11e place en 2018-2019 accompagnée d’un sacre en Coupe de la Ligue, une 6e place en 2021-2022, puis une 7e place en 2024-2025 synonyme de retour européen. Le bilan saison par saison depuis la remontée montre cette alternance entre maintien, installation et ambitions plus hautes : 15e en 2017-2018, 11e en 2018-2019, 10e en 2019-2020, 15e en 2020-2021, 6e en 2021-2022, 15e en 2022-2023, 13e en 2023-2024 et 7e en 2024-2025.

2021-2022, la référence en championnat
Sur le plan strictement national, la saison 2021-2022 reste la grande référence depuis la remontée. Sous Julien Stéphan, Strasbourg avait terminé 6e avec 63 points, 17 victoires, 12 nuls, 9 défaites, 60 buts marqués et une différence de buts de +17. C’est encore aujourd’hui le meilleur classement du club depuis son retour dans l’élite.
Mais cette comparaison mérite une nuance importante. En 2021-2022, la Ligue 1 se jouait encore à 20 clubs, donc sur 38 journées. Depuis la saison 2023-2024, le championnat est passé à 18 équipes, soit 34 matchs par club. Cela représente quatre rencontres de moins, donc 12 points potentiels en moins à aller chercher.
C’est pourquoi la saison 2024-2025 doit être lue avec attention. Avec 57 points en 34 matchs, le Racing avait signé un rythme très solide, proche de celui de 2021-2022 en moyenne par rencontre. Cette 7e place avait surtout permis au club de retrouver l’Europe, par la Ligue Conférence, et de donner une nouvelle épaisseur au projet sportif.
2025-2026, une saison unique par son intensité
La saison 2025-2026 ne dépassera pas les sommets de 2021-2022 ou 2024-2025 en championnat. Strasbourg finira 8e, sans qualification européenne par la Ligue 1. Pourtant, cet exercice occupe une place à part dans l’histoire récente du Racing.
D’abord parce que le club a dû mener de front trois compétitions : la Ligue 1, la Coupe de France et la Ligue Conférence. Depuis la disparition de la Coupe de la Ligue, cela correspond à un vrai retour à un rythme européen, avec des semaines plus lourdes, des déplacements supplémentaires et une gestion d’effectif beaucoup plus exigeante. Strasbourg n’avait plus connu une telle densité de calendrier depuis la campagne 2019-2020, lorsqu’il avait disputé le championnat, la Coupe de France, la Coupe de la Ligue et les barrages de Ligue Europa. Ce qui a fait que le Racing a lutté pour son maintien en Ligue 1 toute la saison !
Ensuite, parce que le Racing ne s’est pas contenté de participer. En Coupe de France comme en Ligue Conférence, les Alsaciens ont atteint les demi-finales. Le parcours européen a même marqué l’histoire du club : Strasbourg a notamment retrouvé un quart de finale continental, puis une demi-finale européenne, une première depuis de très longues années.
Une fin de saison tronquée
Cette 8e place doit aussi être replacée dans le contexte de la fin de saison. Le Racing a abordé le sprint final avec un effectif diminué, touché par plusieurs absences importantes. Les blessures de joueurs majeurs comme Joaquín Panichelli, Emanuel Emegha ou Valentin Barco ont pesé dans les dernières semaines. Les maladies de Guéla Doué et Sebastian Nanasi ont également réduit les options au moment où l’équipe avait besoin de toutes ses forces pour jouer sur plusieurs tableaux.
Ce contexte n’efface pas les limites de la fin de saison, mais il permet de la lire différemment. Strasbourg n’a pas seulement ralenti par manque de souffle ou de qualité : il a aussi payé l’accumulation des matchs, l’usure d’un parcours européen long, deux demi-finales à disputer et une profondeur d’effectif mise à l’épreuve. La saison a été ambitieuse, mais elle a aussi montré ce qu’il manque encore au Racing pour s’installer durablement à ce niveau.
Une très belle saison, mais un vrai goût amer
C’est le paradoxe de cette campagne. Sur le papier, Strasbourg a vécu une saison remarquable : 8e de Ligue 1, demi-finaliste de Coupe de France, demi-finaliste de Ligue Conférence, présent jusqu’au printemps sur plusieurs fronts. Peu de saisons depuis la remontée peuvent revendiquer une telle densité.
Mais cette réussite laisse tout de même un goût amer. Après avoir retrouvé l’Europe, le Racing ne la reverra pas la saison prochaine. Le club est allé loin, a offert de grandes soirées à la Meinau, a existé sur la scène continentale, mais il termine trop court pour prolonger cette dynamique européenne. Plusieurs observateurs soulignent d’ailleurs que Strasbourg, après ses éliminations en demi-finales de Coupe de France et de Ligue Conférence, ne retrouvera pas l’Europe en 2026-2027.
Cette frustration est presque à la hauteur de la progression du club. Il y a quelques années, finir 8e aurait été accueilli comme une grande réussite. Aujourd’hui, après une 7e place, une campagne européenne et deux demi-finales, cette même 8e place peut laisser des regrets. C’est aussi le signe que le regard porté sur le Racing a changé.
Depuis 2017, une vraie montée en statut
Depuis son retour en Ligue 1, Strasbourg est passé par plusieurs étapes. La première était celle du maintien, avec l’urgence de ne pas redescendre. La deuxième a été celle de l’installation, entre milieu de tableau et saisons plus tendues. La troisième, plus récente, est celle de l’ambition : 6e en 2021-2022, 7e en 2024-2025, puis 8e et double demi-finaliste en 2025-2026.
Le Racing n’a pas encore la régularité des clubs européens installés. Mais il n’a plus non plus le profil d’un simple promu survivant. En moins d’une décennie, Strasbourg a reconstruit une crédibilité sportive, retrouvé l’Europe et replacé la Meinau dans les grandes soirées du football français et continental.
La prochaine étape est claire : ne plus faire de ces saisons ambitieuses des exceptions. Le Racing a montré qu’il pouvait monter haut. Il doit désormais apprendre à y rester.











