La question de la multipropriété revient au centre du débat dans le football français. Ce lundi, les députés ont adopté en première lecture une proposition de loi visant à réformer plusieurs aspects de la gouvernance du sport professionnel. Parmi les mesures les plus commentées : l’interdiction, à l’avenir, de la multipropriété entre un club français et un club étranger.
Concrètement, les députés souhaitent empêcher qu’un même propriétaire, actionnaire ou consortium puisse contrôler simultanément un club en France et un autre à l’étranger. Une mesure qui vise clairement les modèles de multipropriété de plus en plus présents dans le football européen, et qui concerne forcément le Racing Club de Strasbourg, détenu par BlueCo, également propriétaire de Chelsea.
Mais un point essentiel doit être rappelé : cette mesure serait non rétroactive. Autrement dit, si le texte était adopté en l’état, il ne remettrait pas automatiquement en cause les situations déjà existantes. Le Racing ne serait donc pas contraint, du jour au lendemain, de sortir du modèle BlueCo ou de changer d’actionnaire.
Cette précision est importante, car elle change fortement la portée immédiate de la mesure. L’objectif du texte serait avant tout d’empêcher de nouveaux montages similaires à l’avenir, plutôt que de défaire ceux déjà en place. Strasbourg est donc directement concerné par le débat, mais pas nécessairement directement menacé par une application immédiate de la loi.
Le texte prévoit également un renforcement du rôle de la DNCG, qui pourrait disposer d’un pouvoir plus important pour autoriser ou s’opposer à la vente d’un club. À l’avenir, les rachats, changements d’actionnaires ou projets de multipropriété pourraient donc être examinés avec davantage de fermeté par le gendarme financier du football français.
Du côté du Racing, ce sujet est suivi de près depuis longtemps. D’après nos sources, le club anticipe depuis de nombreux mois les évolutions possibles autour de la multipropriété et des règles de gouvernance à venir. Strasbourg ne découvre donc pas ce débat et travaille déjà avec l’idée que le cadre juridique et politique pourrait évoluer dans les prochaines saisons.
Reste désormais à savoir quelle version définitive du texte sortira du parcours parlementaire. La proposition de loi doit encore faire l’objet d’un accord entre députés et sénateurs en commission mixte paritaire. Le débat n’est donc pas totalement clos.
Pour le Racing, l’enjeu immédiat n’est pas une remise en cause brutale de son appartenance à BlueCo, mais plutôt une adaptation à un environnement de plus en plus surveillé. Le signal envoyé par les députés est clair : la multipropriété est désormais dans le viseur du législateur français, même si les situations existantes, comme celle de Strasbourg, ne seraient pas concernées de manière rétroactive.












