À l’heure où une partie de la vie du club semble vaciller et où son avenir sportif à court terme est un poil flou, mon humeur de supporter est atteinte et mon moral footballistique mis à mal, hésitant entre colère et frustration mais inexorablement guidé par une passion inébranlable. Si le doute peut vous traverser l’esprit, la foi et la ferveur doivent l’emporter en cette période délicate. Quand on revient d’aussi loin, on sait mieux que quiconque ce que c’est que de retrouver la lumière. Le slogan « lève- toi si t’es Strasbourgeois » n’a jamais eu autant de raisons d’exister.
Aujourd’hui, j’ai mal à mon Racing, plongé dans un brouillard encore impensable il y a peu. Si la situation n’est pas (encore) irréversible, elle commence sérieusement à se tendre à mesure que le fossé de l’impensable se rapproche. Non, je ne veux plus revivre ces doutes et ces peurs qui hantent encore mes cauchemars d’enfant de la Meinau. Car ce club et ce stade sont bien plus que ce qu’ils paraissent. Comme la plupart des passionnés bleus et blancs, j’ai arpenté les travées de la Meinau dès mon plus jeune âge, comme mon père et mon grand-père avant moi. Des générations se sont succédées et se succèderont encore dans cet endroit si magique et si important à mes yeux. Non, ce stade n’est pas un simple stade et ce club n’est pas un club comme les autres. C’est mon club, mon Racing, notre passion.
À toi joueur, j’ai besoin de te dire à quel point j’aime l’écusson que tu arbores chaque week-end aux quatre coins du pays ; ce blason, celui de tout un peuple. Une passion au minimum, une drogue souvent et une raison de vivre parfois. Ne l’oublie jamais, Matz, Ludo, Adrien et tous les autres : vous avez entre vos pieds une partie de mon cœur, un bout de moi et toute ma passion. Vous avez bien plus que ça d’ailleurs car, comme on aime le dire, vous n’êtes pas onze mais des milliers. À chaque passe, à chaque duel, à chaque instant, c’est tout un peuple qui vit à travers vous. Quand vous marquez, on marque, et quand vous perdez… nous pleurons. Je ne veux plus te voir trembler, je ne veux pas que tu doutes. La peur fait partie de notre quotidien mais le Racing fait partie de nos vies. Ce que tu fais chaque jour, c’est le rêve de beaucoup d’entre nous : jouer avec ce fabuleux emblème sur le cœur. Sois en fier. Il te reste deux matchs pour clôturer cette saison si particulière, si difficile. Deux matchs pour laisser notre Racing à la place qui est la sienne.
Deux matchs pour une union sacrée sans limite. Pour soutenir une équipe, un entraîneur et son staff. Deux matchs pendants lesquels tous nos griefs et reproches doivent rester au placard. Moi, supporter, je veux te voir, toi, joueur, te battre pour nous tous, plus que lors de n’importe quel autre match. Je veux t’entendre, toi, Marc, tu permets que je t’appelle par ton prénom, Monsieur le Président, toi notre guide si discret et si calme. J’ai besoin de t’entendre me dire que tout ira bien. Je sais au fond de moi que tout ira bien mais j’ai besoin de te l’entendre dire. De sortir ce cette réserve qui demeure une qualité incontestable mais aujourd’hui n’est pas un jour comme un autre.
Alors, tous ensemble, sortez vos plus beaux habits de guerriers, peu importent la manière, le style de jeu ou les hommes. Peu importe le déroulement ou les péripéties, advienne que pourra mais ne jouez pas avec nos cœurs. Montez sur ce foutu terrain en prenant avec vous les milliers d’âmes qui vous aiment et battez-vous comme jamais vous ne l’avez fait de votre vie.
On vous aime, n’en doutez jamais. Vous êtes les représentants de notre passion, les garants de notre avenir.
Soyez-en fiers, soyez-en dignes.
Julien Conrad








Très bel article ! Puissent ils vous lire et tout faire pour se mettre à l’abri au plus vite !!
Magnifique ce que écrit Julien Conrad. Et tellement vraie. En espérant un maintien à la clé si non ce serait un cataclysme pour toute une région et même pour une partie de la France. Alors messieurs les joueurs mouillez votre maillot pour ce club.
Ce Julien Conrad va nous faire pleurer bordel…
Tout est vrai, tout est bien dit et écrit….
Sauf…. peut-être ce » vous avez entre vos jambes »…..
Ou alors c’est moi qui ait l’esprit mal tourné….. peut-être hein…mais je crois que un. » vous avez entre vos pieds » aurait été plus convenable….😆😆😆 Julien Conrad…
Merci pour ce beau texte, cette belle tranche de vie.
Stef
Très bien résumé ce que nous pensons depuis quelques mois déjà, mais là on est au bout, il n n’y a plus d d’alternative :il faut gagner même a Nice pour ne pas jouer à la roulette russe notre saison sur le dernier match.
Il y a beaucoup de choses bien plus graves et c’est un des fondateurs des ub90 (fondés en 91 en fait) qui vous le dit. Bon en même temps, je suis revenu du foot
Le coeur c est bien certes surtout pour un supporteur mais on ne doit pas oublier la tete aussi et l analyse que l’on doit faire de son club ce qui a fait défaut a bon nombres de supporteurs notamment quand il s agissait de débattre (il y a plusieurs mois de cela déjà) de l’opportunité de maintenir Laurey ou non a son poste..
Le nombre de coup de gueule que j ai eu (dont ici) quant a la nécessité de changer et de passer dans un nouveau cycle, j’espère qu’ils seront capables de « mieux » reflechir et prendre du recul a l’avenir.
Parce que ce recul, moi qui en ai vécu plusieurs des descentes et des remontées du racing depuis que je suis petit (et je ne dois pas être beaucoup plus âgé que l auteur de cet article) je suis d autant plus convaincu du devoir de consolidation et de progression de ce club.
J en ai des prises de becs avec des supporteurs plus jeunes plus recents pour qui Laurey était « tout » et quitte a jouer chaque année le maintien ne m’as-t-on pas dit qu au moins « cela faisait un objectif »…
Non le racing doit se maintenir, doit etre plus ambitieux (n oublions pas qu il a le 12 ou 13eme budget de ligue1) il doit travailler a etre un club stable de la première partie de tableau.
Alors le coeur des supporteurs oui bien sûr mais la tête aussi soyez critiques aussi! Pas trop romantiques non plus..