La note est sévère, et personne ne dira le contraire : battu 7-0 par le Sporting Portugal à Faro, le Racing a vécu une soirée compliquée pour sa rentrée. Mais avant de céder à la panique, il faut remettre ce score dans son contexte — et il y a beaucoup à remettre.
D’abord, l’évidence : c’était le tout premier match de la saison strasbourgeoise, dix jours seulement après la reprise de l’entraînement. En face, le Sporting disputait déjà son deuxième amical de l’été, avec une semaine de préparation d’avance dans les jambes. En début de présaison, où chaque séance compte, ce décalage se paie cash.
Ensuite, l’adversaire. On ne parle pas d’un sparring-partner de complaisance : le Sporting sort d’une saison à 82 points et à la deuxième place du championnat portugais, avec la meilleure attaque du pays (89 buts) et un quart de finale de Ligue des champions, éliminé de justesse par Arsenal. Son buteur Luis Suárez a claqué 38 buts toutes compétitions confondues l’an passé. C’est ce calibre-là que le Racing a choisi d’affronter d’entrée — un choix assumé : on progresse davantage en se frottant aux meilleurs qu’en déroulant contre une équipe de division inférieure.
Enfin, et c’est peut-être le plus important : Hugo Oliveira n’a pas cherché le résultat. Le technicien portugais a aligné deux équipes distinctes, une par mi-temps, pour offrir 45 minutes à chacun de ses joueurs. L’objectif de la soirée était physique et expérimental, pas comptable. Ajoutez à cela l’absence de tous les internationaux strasbourgeois — les mondialistes Enciso, Yassine, El Mourabet, Doué et Diego Moreira sortent à peine d’une Coupe du monde achevée hier soir, tandis que Valentín Barco, lui, ne repassera pas par l’Alsace et rejoint directement Chelsea — et vous obtenez une équipe-laboratoire face à un adversaire déjà en rythme.
Faut-il tout balayer pour autant ? Non. Sept buts encaissés, même en amical, diront des choses à Oliveira sur les automatismes défensifs à construire — et c’est précisément à ça que sert une présaison : identifier les chantiers quand ça ne coûte rien. Soyons lucides aussi sur un point : au-delà du contexte, certains joueurs ont affiché ce soir des limites qui ne semblent pas de celles qu’on gomme avec du rythme ou des automatismes. Face à ce niveau d’adversité, l’écart était parfois individuel autant que collectif. Le staff a désormais trois semaines et quatre matchs de préparation, de Blackburn à Fribourg, pour faire le tri et monter en puissance avant le déplacement à Marseille.
Un dernier élément, et pas des moindres : l’équipe alignée ce soir à Faro ne ressemblera que de très loin au onze type de la saison. Entre le retour des mondialistes et un mercato qui est encore devant nous — les actionnaires ont prévu d’investir très fortement cet été pour renforcer l’effectif —, le Racing du 15 août n’aura pas grand-chose à voir avec celui de ce 20 juillet. Ce soir l’a d’ailleurs confirmé : ce mercato ne sera pas un luxe mais une nécessité, et il ne faudra pas le prendre à la légère. Juger la saison sur ce match reviendrait à noter une maison sur ses fondations — à condition, justement, que les fondations promises arrivent.
Un score frappant, zéro enjeu : la seule chose que ce 7-0 dira de la saison du Racing, c’est ce que l’équipe en aura fait le 15 août.












