Le football français est à l’aube d’un changement majeur, le plus important depuis des décennies. Les dirigeants de la ligue nationale discutent actuellement d’un projet de transformation de la Ligue de Football Professionnel (LFP). S’inspirant de l’exemple de la Premier League anglaise, ils souhaitent réformer le football professionnel en France. Quel sera l’impact de cette réforme sur la Ligue 1 ? Cette initiative sera-t-elle finalement approuvée ?
CVC Capital Partners et les clubs professionnels français deviendront actionnaires d’une nouvelle société chargée d’organiser les matchs de football nationaux. Philippe Diallo, l’actuel président de la Fédération française de football (FFF), a qualifié cette initiative de « version française de la Premier League ». Une société détenue par les clubs et dirigée par des cadres rémunérés organisera les paris sportif football à travers le pays.
Ce qui se cache derrière la récente initiative
Cette annonce est tombée à point nommé. Et ce n’est pas un hasard. Le football français traverse depuis plusieurs années une période de turbulences, notamment en ce qui concerne les droits médiatiques. Les contrats de diffusion conclus par la LFP ont entamé la confiance entre les clubs et leurs partenaires. Canal+ s’est distancié de la Ligue 1 pour la première fois depuis 1984. La chaîne ne diffuse plus les matchs en direct.
La décision de transformer la propriété de la Ligue 1 n’a pas été prise spontanément. Elle est le fruit de plusieurs mois de recherches et d’analyses internes. Les clubs de football sont favorables à de nouvelles réformes en raison de l’instabilité financière et de la mauvaise gouvernance. Ces réactions ne pouvaient pas rester longtemps ignorées.
Le football professionnel en France est régi par un système complexe, comprenant la FFF, la LFP et LFP Media. Depuis 2022, la LFP elle-même est devenue une coquille vide après la création de LFP Media. La récente proposition mentionnait la nécessité de supprimer la LFP, dont les fonctions seront reprises par quelqu’un d’autre. La nouvelle organisation serait chargée d’organiser les compétitions, de vendre les droits médiatiques et de promouvoir le football dans tout le pays.
L’accord national de la ligue avec DAZN a également connu un sérieux revers. En 2024, la plateforme mondiale de streaming a signé un accord de cinq ans d’une valeur de 375 millions d’euros pour couvrir huit matchs par semaine. Moins d’un an plus tard, la LFP a accepté de résilier le contrat prématurément après que les présidents des clubs aient voté la fin du partenariat. DAZN versera 100 millions d’euros pour mettre fin à l’accord. BeIN Sports discute également de la possibilité d’une résiliation anticipée. Les répercussions ont été graves, des rapports suggérant que jusqu’à huit clubs de football risquaient la faillite.
La LFP a exagéré le rôle de ses droits médiatiques, mal compris le marché et ruiné ses relations avec les principaux diffuseurs. Un rapport du Sénat français a accusé la ligue de « gestion profondément dysfonctionnelle » tout en remettant en question l’intérêt réel de l’accord avec CVC pour le football français.
Le modèle de la Premier League : les clubs français et le CVC contre la FFF
Le modèle de la Premier League est devenu une référence. La première division britannique fonctionne comme une société détenue par les clubs, dont les actionnaires gèrent collectivement les droits commerciaux et réinvestissent les revenus dans la ligue. Ce modèle lui a permis d’acquérir une portée mondiale et un pouvoir financier considérables, laissant de nombreuses ligues européennes à la traîne.
Les clubs français et la CVC détiendraient des parts égales dans le cadre du nouveau modèle. La FFF conserverait son rôle de supervision majeur, notamment le droit de veto sur les décisions cruciales. Un équilibre adéquat permettrait d’assurer le succès commercial tout en préservant l’intégrité sportive.
En 2022, CVC a investi 1,5 milliard d’euros dans LFP Media afin d’obtenir une part des futurs revenus médiatiques. Cet accord constituerait une source de revenus considérable pour les clubs locaux. Cependant, il a déjà fait l’objet de nombreuses critiques en raison de son manque de durabilité. Compte tenu du nouveau modèle, CVC jouera un rôle important dans la gouvernance. Mais il sera en mesure d’aligner ses intérêts sur les besoins des clubs.
La reproduction de certains aspects de la nouvelle structure est considérée comme un moyen d’assurer une croissance dynamique. Grâce à la nouvelle gouvernance et à la gestion professionnelle, les clubs locaux pourraient bénéficier directement du succès commercial. La fédération vise à regagner la confiance. Le lancement potentiel d’une chaîne directe au consommateur (DTC) pour la Ligue 1 est à l’étude après le départ de DAZN. Cette discussion peut jeter les bases d’un rebond des clubs professionnels dans un cadre plus transparent. Les réformes visent la viabilité à long terme plutôt que les profits à court terme.
Aspects législatifs avant approbation
La transformation du football professionnel en France ne peut se faire rapidement. Diallo a confirmé que le projet ne pouvait aboutir sans l’accord du gouvernement. Les sénateurs Laurent Lafon et Michel Savin ont publiquement accueilli à bras ouverts cette récente proposition. Selon les informations de RMC Sport, la nouvelle organisation pourrait commencer ses activités au cours de la saison 2026/27 en cas d’approbation.
Si elles sont approuvées, ces modifications marqueront un tournant historique pour le football français. La « version française de la Premier League » a de bonnes chances de connaître un énorme succès commercial à long terme. La Ligue 1 est confrontée à une pression financière énorme. Et la FFF semble savoir que le moment est venu de procéder à des réformes cruciales.





