Strasbourg a compté plusieurs départs importants l’été dernier ou durant la saison écoulée. Voici un bilan sur ce que les principaux anciens Strasbourgeois ont produit loin de la Meinau.
ÉPISODE 1 Hier : Dilane Bakwa, Habib Diarra et Félix Lemaréchal. ÉPISODE 2 Aujourd’hui : Kendry Paez, Andrey Santos, Mamadou Sarr.
Kendry Páez impuissant en Argentine
Utilisé à petite dose à Strasbourg durant les six premiers mois de la saison écoulée, Kendry Paez a été envoyé à River Plate par Chelsea en pleine saison pour mettre fin à une aventure qui a tout de l’échec. Mais l’Équatorien talentueux ne joue guère plus dans son nouveau club argentin. Dix matches de championnat (un but) et quatre de Copa Sudamericana, mais surtout une confiance accordée seulement en sortie de banc. Sur ces 14 matches, Paez n’a été titulaire que trois fois. Il y a aussi les images. Celle d’un joueur en manque de confiance qui rate son tir au but lors des huitièmes de finale des play-offs le 11 mai (sans conséquence pour River Plate qui gagne 6-5 au et se qualifie au tour suivant, avant d’être malheureux finaliste). Puis surtout celle d’un talent qui ne décolle toujours pas.
Andrey Santos, de plus en plus installé à Chelsea ?
Andrey Santos a été l’un des joueurs les plus talentueux que la Meinau ait vu jouer. Son départ l’été dernier vers Chelsea ne souffrait d’aucune contestation, et au contraire de Mamadou Sarr (voir après), la trajectoire du Brésilien est tout à fait satisfaisante. D’abord sous Enzo Maresca puis Liam Rosenior, son entraîneur à Strasbourg, Andrey Santos a été régulièrement utilisé avec les Blues. Titulaire 13 fois pour 27 apparitions en Premier League, un bel enchaînement pour une première saison en Premier League. Également sollicité à dix reprises dans les deux Coupes, Santos a découvert la Ligue des champions (6 matches) et s’est même donné le luxe de marquer trois buts et de livrer trois passes décisives toutes compétitions confondues.
Mais ses performances n’ont semble-t-il pas été suffisantes aux yeux de Carlo Ancelotti pour sélectionner l’ancien Strasbourgeois pour la Coupe du monde. Andrey Santos était pourtant convoqué pour la dernière trêve internationale de mars et l’espoir de le voir au Mondial était facilement permis. Même s’il a répondu de la meilleure des manières en inscrivant le but de la victoire face à Tottenham le lendemain de la liste, Andrey Santos restera à la maison pour préparer une deuxième jolie saison à Chelsea.
Mamadou Sarr dans l’impasse à Chelsea
Alors qu’il était incontestablement le meilleur défenseur du Racing en première partie de saison, Mamadou Sarr est à l’arrêt à Chelsea depuis qu’il a été appelé en urgence en janvier par Liam Rosenior. Le Sénégalais ne compte que six apparitions toutes compétitions confondues (3 en Premier League, 2 en coupe et 1 en Ligue des champions). La chute est vertigineuse. Adulé en Alsace et propulsé sur le devant de la scène avec le Sénégal, jusqu’à être titulaire en finale victorieuse de la CAN, Sarr est malheureusement retombé dans l’anonymat à Londres.
Sa mise à l’écart se justifie en partie par l’intransigeance du très haut niveau après une erreur. Après deux matches sur le banc à son arrivée et 90 minutes en Coupe, il entre pour deux minutes lors du nul face à Burnley (1-1) puis est directement titulaire lors d’un grand match face à Arsenal (défaite 2-1) le 1ᵉʳ mars, avant d’enchaîner en FA Cup contre une D2 (58 minutes). Malgré les mauvais résultats, le niveau de Mamadou Sarr convient. Jusqu’à un autre sommet, européen cette fois, en Ligue des champions face au Paris SG. En l’absence de Malo Gusto et de Reece James, Liam Rosenior lance son défenseur dans le grand bain d’un huitième de finale retour. Mais la soirée de l’ancien Strasbourgeois vire au cauchemar après son erreur de placement / jugement sur le premier but parisien et sa sortie prématurée à la pause à la place de Josh Acheampong. La lourde défaite (0-3) ne fera qu’amplifier le match de Sarr, qualifié de “soirée en enfer” par SoFoot et de “cauchemardesque” par ESPN.
Depuis cet épisode, Mamadou Sarr n’a plus joué sauf une dizaine de minutes deux mois plus tard, et a même été régulièrement hors du groupe. Un transfert urgent de dernière minute de Strasbourg à Chelsea qui a été perdant – perdant – perdant – perdant. Pour le Racing, privé de son meilleur défenseur en pleine saison. Pour Chelsea, qui ne profite pas de son nouveau joueur. Pour Liam Rosenior, remercié en avril après trois mois sur le banc et encore plus critiqué en Alsace depuis ce rapatriement. Et pour Mamadou Sarr, dont la progression a été stoppée net et qui se retrouve dans une situation délicate en Angleterre.











