Furieux après le match nul du Racing à Angers, Gary O’Neil avait très clairement affiché sa déception en conférence de presse. Quelques jours plus tard, avant le déplacement à Brest, l’entraîneur strasbourgeois est revenu sur cet épisode. Le ton est redescendu, mais le fond reste le même : Strasbourg a laissé passer une opportunité importante.
Après la rencontre, le coach anglais a échangé avec son groupe, d’abord dans l’émotion, puis plus calmement le lendemain.
“Nous avons réglé ça. Nous avons eu une bonne discussion avec les joueurs après le match dans le vestiaire, avec beaucoup d’émotion. Puis nous avons eu une bonne réunion le lendemain, avec moins d’émotion, plus de détails et plus de compréhension.”
Gary O’Neil rappelle toutefois que son groupe reste très jeune. Dans une fin de saison sous pression, avec chaque match vécu comme une finale, l’exigence a été forte.
“Il est important de se rappeler à quel point ils sont jeunes, eux aussi. Parfois, nous leur demandons beaucoup, parce que nous sommes dans une partie très importante de la saison. Chaque match était une finale de coupe.”
Mais l’entraîneur du Racing n’oublie pas non plus le contexte : blessures, absences, fatigue et un groupe obligé d’enchaîner.
“C’est un jeune groupe et ils ont connu beaucoup de malchance avec les blessures, donc ils ont dû beaucoup jouer. Nous devons nous en souvenir.”
Le match à Angers reste malgré tout une grande frustration. À froid, Gary O’Neil estime toujours que Strasbourg aurait dû l’emporter.
“Angers était décevant. Quand je l’ai revu, il est évident que nous aurions dû gagner le match. Mais ce n’est jamais suffisant. Il faut s’en assurer.”
Le nul à Angers a privé le Racing de la possibilité de jouer encore quelque chose de fort au classement. Désormais, l’objectif est clair : ne pas descendre plus bas et conserver la 8e place.
“Je suis encore très déçu du résultat et du fait que nous n’ayons pas la possibilité demain de faire à nouveau une différence au classement. Maintenant, l’objectif est de finir huitièmes. Nous ne devons pas descendre plus bas. Nous devons prendre des points contre Brest et contre Monaco.”
Gary O’Neil assure être désormais calmé. Mais il assume aussi d’avoir montré sa colère à son groupe.
“Je suis calme maintenant. C’est parfois bien que les joueurs me voient en colère aussi. C’est bien pour eux. Ça n’arrive pas très souvent. Je pense que c’est peut-être la première fois cette saison, peut-être Marseille à la mi-temps, mais après un match, c’est vraiment la première fois où j’ai montré une émotion brute.”
Après cette colère, le coach veut revenir à ce qui compte pour lui : les détails, le contrôle et la progression des joueurs.
“Ensuite, on revient aux détails, au contrôle, et à faire en sorte que les joueurs progressent et comprennent. Tout va bien. Les joueurs se sont très bien entraînés ce matin. Certains sont aussi revenus de blessure et de suspension. C’était donc un groupe fort ce matin. Les choses se présentent bien.”
Gary O’Neil est également revenu sur la profondeur de son effectif. Il estime que le Racing a eu de la malchance, notamment dans certains secteurs clés.
“Nous avons été très malchanceux avec la profondeur. Nous avons de la profondeur, mais dans certains secteurs, nous avons été très malchanceux avec les blessures.”
Le coach a notamment évoqué le mercato hivernal et le cas d’Aaron Anselmino, qui devait renforcer la défense mais n’a jamais vraiment pu enchaîner.
“Nous avons essayé de faire de bonnes choses en janvier. Aaron aurait été une excellente recrue pour nous, mais nous n’avons jamais réussi à le mettre en forme ou à le garder en forme. C’était un gros coup dur, parce que depuis, nous sommes courts derrière.”
Même constat offensivement avec David Fofana, arrivé pour aider pendant l’absence d’Emanuel Emegha et accompagner Joaquín Panichelli, avant que les blessures ne bouleversent les plans.
“David Fofana a été recruté pour aider Panichelli et Emegha jusqu’au retour d’Emegha. Malheureusement, Panichelli s’est blessé, Ema n’est pas revenu correctement, et David a dû faire des choses pour lesquelles il n’avait pas été recruté.”
Pour Gary O’Neil, cette accumulation a fortement pesé sur le groupe, déjà soumis à un calendrier très lourd.
“La pression sur le groupe a été forte avec le nombre de matchs. Il y a eu tellement de grands matchs. Si vous regardez les rencontres, j’ai probablement fait sept ou huit changements à chaque match.”
Le message est donc double : Gary O’Neil assume sa colère après Angers, mais il refuse de perdre de vue le contexte global. Le Racing a craqué, oui. Il a aussi beaucoup tiré sur un jeune groupe, parfois trop court, souvent diminué.
Reste maintenant une obligation : finir proprement. Brest puis Monaco doivent permettre au Racing de montrer qu’il peut encore répondre, même sans Europe au bout.












