Le Racing Club de Strasbourg a refermé sa saison sur une victoire spectaculaire face à Monaco (5-4), dans une Meinau en fusion. Un dernier succès complètement fou, mais qui laisse aussi une immense frustration. Malgré ces trois points, les Alsaciens terminent à la 8e place de Ligue 1, à seulement un petit point de l’AS Monaco. Une place qui pourrait devenir européenne si Lens s’impose face à Nice en finale de Coupe de France.
Après avoir été éliminé en demi-finale de Coupe de France puis en demi-finale de Ligue Conférence, le Racing termine donc tout près d’une récompense européenne. Une saison magnifique, intense, mais forcément marquée par quelques regrets.
Interrogé sur ce sentiment de frustration, Gary O’Neil n’a pas cherché à l’éviter.
« Oui, parce que quand on regarde… toutes les équipes auront sûrement le même genre de regrets. Mais si je pense à Toulouse, si on ne concède pas ce but stupide à la dernière minute, on a assez pour finir septième. Contre le PSG à dix, on joue très bien, mais on perd un point. Il y a tellement de moments comme ça. Mais je suis sûr que tout le monde dira la même chose, Toulouse et les autres aussi », a expliqué l’entraîneur anglais.
« Je crois que nous avons tout donné »
Le coach du Racing sait que certaines rencontres resteront en travers de la gorge. Ce but concédé à Toulouse dans les derniers instants, ces points abandonnés malgré de bonnes prestations, ces matchs qui auraient pu faire basculer la saison dans une autre dimension. Mais O’Neil refuse de tomber dans le procès facile.
À ses yeux, Strasbourg a poussé son groupe au maximum de ce qu’il pouvait donner, dans une saison rendue particulièrement exigeante par l’enchaînement des compétitions, les blessures et les absences.
« C’est frustrant, mais je crois que nous avons tout donné. C’est tout ce que je peux demander : que tout le monde donne tout. »
Cette phrase résume l’état d’esprit de l’entraîneur. Il y a des regrets, évidemment. Mais pas de reproche majeur. Le Racing a terminé la saison avec un effectif parfois bricolé, des joueurs utilisés dans des rôles inhabituels et plusieurs jeunes lancés dans le grand bain.
Une équipe poussée dans ses limites
Gary O’Neil a notamment rappelé les ajustements imposés par le contexte. Julio Enciso a dû évoluer en numéro 9, un poste qui n’était pas vraiment le sien. D’autres joueurs ont été utilisés comme latéraux alors qu’ils n’avaient pas l’habitude d’évoluer dans ce rôle. Le Racing a également dû faire appel à plusieurs jeunes, avec quatre ou cinq premières apparitions dans le groupe ou au plus haut niveau.
« Julio Enciso a joué en neuf. Il n’avait jamais vraiment fait ça avant. Nous avons dû utiliser Maxi Oyedele, Junior Mwanga, des joueurs au poste de latéral qui n’avaient jamais joué latéral. Nous avons eu quatre ou cinq débuts. Les joueurs ont tout donné. Nous avons essayé de tirer le maximum de ce que nous pouvions faire avec ce groupe. »
Dans ce contexte, la 8e place prend une autre dimension. Strasbourg n’a pas seulement vécu une fin de saison frustrante : il a aussi tenu malgré les coups durs, jusqu’à terminer à un point d’une place qui pourrait ouvrir la porte de l’Europe.
« Je n’aurais rien fait différemment »
Comme tout entraîneur, Gary O’Neil sait que certaines décisions peuvent être relues après coup. Un changement, un choix de titulaire, un ajustement tactique. Mais il assume sa ligne et ses décisions.
« Je ne pense pas que j’aurais fait quelque chose différemment, honnêtement. Bien sûr, après une défaite, on se dit peut-être que c’était Nanasi au lieu Ouattara, ou Ouattara au lieu de Chilwell. Mais sur le moment, on essaie de prendre la meilleure décision pour le groupe. J’accepte les conséquences et la situation dans laquelle nous sommes. »
Cette lucidité n’efface pas la frustration. Le Racing a touché du doigt une saison encore plus grande. Deux demi-finales, une lutte jusqu’au bout pour l’Europe, une dernière victoire folle contre Monaco, et pourtant pas de qualification directe.
Mais O’Neil veut désormais regarder devant.
« Nous essaierons de nous améliorer la saison prochaine. »
Le Racing termine donc avec des regrets, mais aussi avec la preuve qu’il n’est plus très loin. À un point de Monaco, après une saison à trois compétitions et une cascade d’absences, Strasbourg a montré qu’il pouvait viser plus haut. La frustration est réelle. L’ambition, elle, l’est tout autant.












