Elle était belle cette communion. Les joueurs ont terminé leur traditionnel tour d’honneur face à la tribune Ouest mais sont restés plus longtemps que d’habitude. Les célébrations se sont éternisées et les joueurs se sont poussés les uns après les autres individuellement face au Kop pour recevoir son lot d’applaudissements. Les images étaient belles, surtout pour les joueurs dont le départ est attendu. Cette scène ne m’a pas m’empêché de penser à ce que le Racing avait manqué, elle l’a surtout accentué. Une équipe capable de remonter trois buts à Monaco dans un match sans enjeu pour elle est une équipe qui lassera inlassablement d’immenses regrets sur l’issue de sa saison. Parce qu’il lui manque donc un point pour revoir l’Europe, parce qu’elle a perdu des points bêtement à droite à gauche dont récemment à Angers, et parce qu’elle nous a porté tellement loin dans nos rêves que le réveil était brutal.
La saison est vierge de titre et c’est franchement une déception au vu des promesses de tout l’environnement Racing (et des investissements), mais elle n’est pas vierge d’émotions. Double demi-finaliste dont une première historique à l’échelle européenne, des séquences et des images mémorables. Le public a tellement gagné qu’il avait oublié le goût de la défaite, il a tellement chanté qu’il avait arrêté d’apprendre les paroles, il a tellement rêvé qu’il a n’a jamais mis son réveil. Pour être insatisfait de cette saison, il faut avoir cru en quelque chose de grand. Le grand, Strasbourg a cru l’atteindre très vite mais il est en train de l’apprendre. Apprendre à rebondir après le départ imprévu de son entraîneur et de son meilleur défenseur en pleine saison, apprendre à gérer les égos d’un vestiaire pour mieux vivre ensemble, apprendre à assumer le rythme européen. Bref, apprendre à devenir ce que le club souhaite devenir. Un club qui nous procurera des émotions et garnira son armoire à trophées.











