Après l’élimination du Racing face au Rayo Vallecano en demi-finale de Ligue Conférence, Gary O’Neil n’a pas caché sa déception. Interrogé sur l’état d’esprit du vestiaire, sur son propre ressenti et sur la fin de saison qui attend désormais son groupe, le coach strasbourgeois a livré une réponse forte, entre fatigue, fierté et immense regret pour les supporters.
Pour Gary O’Neil, le Racing va devoir encore composer avec un effectif très marqué physiquement dès ce week-end en championnat. Plusieurs joueurs sont usés, touchés ou incapables d’enchaîner.
“C’est évident que je vais devoir faire beaucoup de changements encore ce week-end. Barco ne peut pas jouer. Samir est cuit, il a joué trop de matchs. Guéla Doué a joué 90 minutes, il ne rejouera pas dimanche. C’est là où nous en sommes en ce moment avec l’effectif.”
L’entraîneur anglais reconnaît que les dernières semaines ont été particulièrement lourdes à gérer. Entre les blessures, l’Europe, le championnat et les rotations forcées, Strasbourg a perdu de l’élan en Ligue 1.
“Cela a été quelques semaines difficiles. Il faut faire tellement de changements. Nous avons perdu de l’élan en championnat. Ça a été dur.”
Malgré l’élimination, Gary O’Neil a tenu à défendre ses joueurs. Il n’oublie pas la réaction du Racing en seconde période, ni les efforts fournis depuis son arrivée.
“Je suis fier des joueurs, parce que je sais que ce soir, cela a semblé difficile. Mais sortir en deuxième mi-temps et se battre comme ils l’ont fait, tout donner comme ils l’ont fait, je suis très, très fier de ce qu’ils ont essayé de faire sur les quatre mois depuis que je suis avec eux.”
Sur le plan personnel, le coach du Racing accuse forcément le coup. La déception est immense après une soirée où Strasbourg rêvait d’une finale européenne.
“Aujourd’hui, bien sûr, on se sent mal. Je suis abattu, comme vous pouvez l’imaginer. Nous n’avons pas tout à fait atteint le niveau dont nous avions besoin.”
Mais Gary O’Neil refuse de reprocher à son groupe un manque d’envie. Selon lui, cette élimination n’est pas liée à un déficit d’effort ou d’intensité, mais à une accumulation de difficultés qui a fini par peser trop lourd.
“Ce n’était pas par manque d’effort ou par manque d’intensité. Nous avons subi beaucoup, beaucoup de problèmes. Et ce match a donné le sentiment que tout cela nous avait rattrapés.”
Le regret le plus fort concerne les supporters. La Meinau a poussé, l’accueil du bus a été immense, l’ambiance a été à la hauteur de l’événement. Gary O’Neil aurait voulu leur offrir une soirée historique.
“Nous n’avons pas été capables d’obtenir le résultat que nous voulions, ni le résultat que les supporters méritaient après l’accueil qu’ils nous ont réservé. Le soutien qu’ils nous ont donné ce soir était incroyable.”
Le coach anglais a eu des mots très forts pour le peuple bleu, profondément marqué par cette élimination.
“Les supporters méritaient d’aller en finale. Mais malheureusement, nous n’avons pas été capables de les y emmener.”
Malgré la douleur, Gary O’Neil veut déjà relever la tête. Le Racing n’a pas réussi à franchir cette marche, mais l’entraîneur strasbourgeois refuse de voir cette élimination comme une fin.
“Mais nous nous battrons encore. Cela arrive. Il n’y a que deux équipes qui peuvent passer chaque année. Cette année, nous n’en avons pas fait tout à fait assez.”
La fin de saison en championnat s’annonce désormais délicate, avec une qualification européenne qui paraît compliquée sauf retournement de situation. Gary O’Neil veut toutefois transformer cette expérience en leçon pour la suite.
“Nous reviendrons la saison prochaine et nous devrons faire mieux en championnat. Il semble que nous n’aurons pas de Coupe d’Europe, sauf gros changement au classement.”
Et le coach anglais affiche déjà une conviction pour l’avenir : avec un effectif mieux construit et moins de compétitions à gérer, Strasbourg doit viser plus haut en Ligue 1.
“Cela signifie que nous devrions être capables de finir dans la première partie de ce championnat, d’après ce que j’ai vu jusqu’ici. Si nous construisons bien l’effectif, avec seulement une compétition et la Coupe à gérer, nous serons forts en championnat la saison prochaine.”
Le rêve européen s’est arrêté brutalement aux portes de la finale. Gary O’Neil est abattu, mais il ne renie rien : ses joueurs ont tout donné, les supporters ont été immenses, et le Racing devra maintenant apprendre de cette douleur pour revenir plus fort.












