Éliminé par le Rayo Vallecano en demi-finale de Ligue Conférence, le Racing Club de Strasbourg a vu son rêve européen s’arrêter aux portes de la finale. Battus 1-0 à l’aller, les Strasbourgeois se sont de nouveau inclinés sur le même score à la Meinau, dans une soirée où ils n’ont jamais réussi à trouver la faille.
Après la rencontre, Gary O’Neil est revenu sur ses choix tactiques, notamment la titularisation d’Abdoul Ouattara dans un rôle de faux numéro 10, plutôt que Sebastian Nanasi, entré en seconde période. Le coach anglais a expliqué avoir voulu répondre à l’impact physique du Rayo Vallecano en début de match.
“La dimension physique du Rayo Vallecano, nous pensions qu’au début du match ce serait assez rapide et intense. Il était donc important d’avoir suffisamment d’impact physique sur le terrain, ainsi que l’expérience de Chilwell.”
Mais selon lui, l’amélioration du Racing après la pause ne s’explique pas seulement par les changements de joueurs. Gary O’Neil insiste sur les ajustements tactiques réalisés en seconde période.
“Ce n’était pas seulement le changement non plus. Nous avons complètement changé la structure en deuxième mi-temps. Nous avons pressé avec Godo au lieu d’un milieu de terrain. Nous avons construit à deux au lieu de trois. Il y avait donc d’autres éléments tactiques qui ont rendu la deuxième mi-temps meilleure. Ce n’est pas seulement le personnel qui a rendu les choses difficiles.”
Le technicien strasbourgeois a ensuite reconnu que son équipe n’avait pas réussi à atteindre le niveau attendu dans cette demi-finale retour. Plusieurs erreurs techniques ont coûté cher au Racing, notamment dans sa propre moitié de terrain.
“Les garçons ont eu du mal à atteindre le niveau ce soir, pour être honnête. Nous avons manqué des passes simples près de notre but. Nous leur avons donné directement le ballon. Nous avons pris des décisions étranges, ce qui a rendu l’ensemble très difficile à gérer.”
Gary O’Neil espérait pourtant atteindre la pause à 0-0, afin de pouvoir ajuster son équipe et pousser en seconde période. Mais le but encaissé juste avant la mi-temps a changé la dynamique de la rencontre.
“Je pensais que si nous pouvions arriver à la mi-temps à 0-0, nous aurions une grande chance en deuxième période avec quelques changements. Malheureusement, nous encaissons juste avant, et ensuite, cela devient une montagne à gravir.”
Malgré une seconde période plus consistante, le constat reste brutal : Strasbourg n’a pas marqué sur l’ensemble des deux matchs. Pour Gary O’Neil, c’est l’un des grands enseignements de cette élimination.
“En deuxième mi-temps, nous en faisons assez pour gagner. Mais nous n’avons pas marqué un but en deux rencontres. Même quand nous obtenons un penalty en ce moment, nous ne marquons pas. Nous avons maintenant manqué deux penalties en quart de finale et en demi-finale de Ligue Conférence. Nous devons trouver un moyen de marquer plus de buts.”
Le coach anglais est ensuite revenu sur l’absence de Joaquín Panichelli, qu’il considère comme l’un des grands tournants de cette fin de saison européenne. Pour lui, la blessure de son attaquant a profondément compliqué l’équilibre offensif du Racing.
“Quand j’ai reçu le message pendant la trêve internationale concernant la blessure de Panichelli avec l’Argentine, j’ai su que le parcours deviendrait beaucoup plus compliqué. Ce coup dur a rendu les choses beaucoup plus compliquées pour nous.”
Depuis, Strasbourg a dû bricoler, déplacer des joueurs, chercher des solutions. Et les questions autour du poste de numéro 10, selon Gary O’Neil, sont directement liées à cette situation.
“Nous nous sommes battus. Nous avons essayé différentes choses. Nous avons fait de notre mieux pour bouger les choses. Maintenant, bien sûr, vous avez des questions autour du numéro 10. Pourquoi cette personne joue numéro 10 ? Eh bien, la raison pour laquelle cette personne joue numéro 10, c’est parce que notre numéro 10 doit jouer numéro 9 en ce moment. C’est un puzzle compliqué.”
Pour l’entraîneur strasbourgeois, cette élimination doit aussi servir de leçon. Le Racing a vécu une saison longue, dense, éprouvante, et devra renforcer son effectif pour mieux affronter ce type d’enchaînement à l’avenir.
“Nous devons apprendre de cette situation. Nous devons nous assurer que l’effectif sera plus fort la prochaine fois. Nous avons tellement de matchs et vous avez besoin d’un peu de chance pour gagner quelque chose. Normalement, vous avez besoin de vos meilleurs joueurs.”
Gary O’Neil a également évoqué Valentin Barco, revenu pour cette demi-finale mais visiblement pas encore à 100 %. Il a surtout insisté de nouveau sur le poids de l’absence de Panichelli.
“Aujourd’hui, Barco a tout donné pour être disponible pour le match, mais vous avez pu voir qu’il n’était pas tout à fait lui-même. L’absence de Panichelli est le plus gros coup dur. Vous savez à quel point il était important pour moi et pour le groupe quand il était là.”
Jusqu’ici, Strasbourg avait réussi à compenser les absences par l’intelligence collective et l’engagement. Mais face au Rayo, cela n’a pas suffi.
“Nous avons réussi à compenser jusqu’ici. Nous avons été intelligents et combatifs, mais ce soir, nous n’avons pas réussi à compenser les différences. Je pense que si vous enlevez au Rayo Vallecano ses trois ou quatre meilleurs joueurs pendant une longue période, ils auront aussi des difficultés.”
Mais Gary O’Neil refuse de se cacher derrière les absences.
“Pas d’excuses. Nous avons donné tout ce que nous pouvions.”
La fin de sa réponse a surtout été marquée par une grande déception pour les supporters. Dans une Meinau à guichets fermés, Strasbourg espérait offrir une soirée historique à son public. Gary O’Neil n’a pas masqué sa tristesse de ne pas avoir pu leur donner ce moment.
“Je suis déçu pour les supporters, parce que j’aime les supporters. Je pense que c’est le groupe de supporters le plus incroyable devant lequel j’ai entraîné. Et je suis déçu que nous n’ayons pas pu leur offrir une soirée spéciale.”
Le Racing quitte donc la Ligue Conférence aux portes de la finale, avec des regrets immenses. Il lui a manqué de la justesse, de l’efficacité, et surtout ce but qui aurait pu rallumer toute la Meinau.











