Avant le dernier match de la saison face à Monaco, ce dimanche soir lors de la 34e journée de Ligue 1, Gary O’Neil s’est présenté devant la presse avec le sourire, mais aussi avec une forme d’émotion. Arrivé en cours de saison sur le banc du Racing Club de Strasbourg, l’entraîneur anglais s’apprête à refermer un exercice aussi intense qu’inédit, marqué par une 8e place en championnat, deux demi-finales et une immense frustration : l’absence de qualification européenne pour la saison prochaine.
Quoi qu’il arrive face à Monaco, le Racing terminera à la 8e place de Ligue 1. Une victoire permettrait aux Strasbourgeois de conclure avec 53 points, un match nul avec 51 points, tandis qu’une défaite les laisserait à 50 unités. Un bilan solide, mais insuffisant pour revoir l’Europe la saison prochaine.
Pourtant, Gary O’Neil ne veut pas réduire cette saison à sa conclusion frustrante. Le technicien anglais préfère retenir le chemin parcouru.
« Nous avons beaucoup appris. Il y a eu de la déception, bien sûr, mais de la déception à la fin d’un parcours incroyable. Il est important de se souvenir du voyage autant que de la déception », a-t-il confié.
Une saison intense, entre fierté et regrets
Cette phrase résume parfaitement la saison du Racing. Strasbourg a vécu un exercice dense, peut-être l’un des plus riches depuis sa remontée en Ligue 1. Le club alsacien a été engagé sur trois tableaux : le championnat, la Coupe de France et la Ligue Conférence. Une situation rare dans l’histoire récente du club, qui n’avait plus connu une telle intensité depuis plusieurs années.
Surtout, le Racing ne s’est pas contenté de participer. Il a atteint les demi-finales en Coupe de France et en Ligue Conférence. Deux parcours qui ont offert de grandes émotions aux supporters, mais qui ont aussi laissé des regrets. Strasbourg est passé proche de s’offrir une finale, voire une nouvelle qualification européenne par une autre voie.
En championnat, l’équipe terminera donc 8e. Un classement honorable, surtout dans une Ligue 1 à 18 clubs, mais qui laisse forcément un goût amer après avoir longtemps cru à une nouvelle qualification continentale.
« Reprendre une équipe en cours de saison, c’était difficile »
Gary O’Neil a également rappelé la difficulté de sa mission. Reprendre une équipe en cours d’exercice n’est jamais simple. Le faire avec un calendrier aussi chargé, des matchs tous les trois jours et une pression permanente sur chaque compétition l’était encore moins.
« C’était difficile de reprendre une équipe en milieu de saison. Nous avons essayé de changer certaines choses, mais pas trop. C’était un moment intéressant pour arriver, parce que chaque match était important. Nous n’avions pas de rencontre où nous pouvions vraiment faire tourner sans que le résultat soit très important », a expliqué l’entraîneur strasbourgeois.
Le Racing a donc avancé sans réelle période de transition. Entre la Ligue 1, la Coupe de France et la Ligue Conférence, chaque choix avait son importance. Chaque rotation pouvait avoir un impact. Chaque blessure pesait lourd.
Et cette fin de saison a justement été tronquée par plusieurs absences majeures. Les blessures de Joaquín Panichelli, Emanuel Emegha ou Valentin Barco ont privé le Racing de joueurs importants dans le sprint final. Les maladies de Guéla Doué et Sebastian Nanasi ont également réduit les options au moment où l’effectif avait besoin de toutes ses forces.
Dans ce contexte, la 8e place finale doit aussi être lue avec nuance. Strasbourg a ralenti, oui. Mais le Racing a aussi payé l’usure d’un calendrier très lourd et d’un effectif affaibli au plus mauvais moment.
Une adaptation express à la Ligue 1
Gary O’Neil a aussi reconnu avoir dû s’adapter très vite au football français. L’ancien entraîneur de Wolverhampton a découvert un championnat, des profils, des adversaires et des habitudes très différentes de celles de la Premier League.
« En Angleterre, quand j’étais à Wolverhampton et que je préparais Arsenal, je connaissais tous leurs joueurs. Odegaard, Declan Rice, ce sont des joueurs que je voyais chaque semaine. Quand j’arrive ici et qu’on joue Toulouse, je dois apprendre qui est ce joueur, ce qu’il aime faire. J’ai essayé d’apprendre très vite, de m’adapter au championnat. »
Cette adaptation a été l’un des grands défis de son arrivée. Mais Gary O’Neil estime que cette première expérience lui sera très utile pour la suite.
« La saison prochaine, je serai meilleur, c’est certain », a-t-il lancé.
Une déclaration importante, qui montre déjà son envie de s’inscrire dans la durée. Malgré les difficultés, malgré les déceptions, le technicien anglais se projette déjà vers la saison prochaine avec davantage d’expérience et une meilleure connaissance de la Ligue 1.
Une vraie reconnaissance envers le club
L’entraîneur du Racing a aussi tenu à adresser plusieurs remerciements. Aux supporters, aux joueurs, au staff, mais aussi aux journalistes présents en conférence de presse.
« Je serai triste de ne plus vous voir pendant deux mois. J’ai apprécié les conférences de presse. Vous avez été très gentils avec moi. J’ai vraiment apprécié chaque moment », a-t-il souri.
Gary O’Neil a également insisté sur la facilité avec laquelle il a pu s’intégrer dans son nouvel environnement.
« J’ai vraiment apprécié cette expérience. Ma famille l’a aussi appréciée. Je suis très reconnaissant envers les supporters, les joueurs, le staff, les personnes qui m’ont aidé avec les conférences de presse. Tout le monde a rendu cette transition très facile pour moi. »
Monaco avant le repos
Il reste désormais un dernier match. Face à Monaco, le Racing ne pourra plus modifier son classement, mais il peut encore soigner sa sortie. Finir avec 53 points donnerait une autre couleur à cette 8e place. Un nul ou une défaite ne changeraient pas le rang final, mais laisseraient forcément une impression différente.
Gary O’Neil, lui, veut terminer avec ses joueurs et les supporters sur une bonne note avant de couper.
« J’ai hâte de vivre ce dernier match contre Monaco, avec les supporters et les joueurs. Ensuite, je vais profiter d’un peu de repos. Le calendrier a été fou. Tous les trois jours, il y avait une conférence de presse, une séance tactique, un match. »
Mais le repos ne devrait pas durer très longtemps.
« Après une semaine sur le canapé, je serai prêt à repartir. J’ai hâte d’être à la saison prochaine. »
La saison du Racing restera donc paradoxale. Belle, dense, ambitieuse, mais frustrante. Strasbourg a grandi, s’est offert deux demi-finales, a retrouvé l’Europe, mais ne la reverra pas la saison prochaine. Gary O’Neil, lui, semble déjà prêt à transformer cette première expérience en point de départ.












