Avant le dernier match de la saison face à Monaco, ce dimanche soir à la Meinau, Gary O’Neil a tenu à replacer le bilan du RC Strasbourg dans son contexte. Le Racing terminera quoi qu’il arrive à la 8e place de Ligue 1. Mais en cas de victoire contre l’ASM, les Alsaciens atteindraient les 53 points, soit seulement quatre unités de moins que la saison dernière, conclue à 57 points et une qualification européenne.
Un écart finalement réduit, qui invite à nuancer le sentiment de frustration laissé par cette fin d’exercice.
« Si nous gagnons dimanche, nous terminerons avec 53 points, seulement quatre de moins que la saison dernière. Donc, cela veut dire que ce n’était finalement pas une si mauvaise saison en championnat », a-t-on glissé à l’entraîneur strasbourgeois.
Gary O’Neil a acquiescé, tout en rappelant les circonstances particulières de cette saison.
« Non, ce n’était pas une mauvaise saison. Quand on prend en compte toutes les petites choses qui se sont passées en chemin, et à quel point c’est devenu difficile à un moment donné, ce n’est pas une saison terrible si l’on considère que nous avions trois compétitions. »
Une saison à trois compétitions, forcément plus lourde
Le technicien anglais n’a pas cherché à masquer la frustration. Strasbourg ne rejouera pas l’Europe la saison prochaine, malgré une saison riche, deux demi-finales et un parcours continental marquant. Mais il insiste sur l’usure provoquée par l’enchaînement des matchs.
Le Racing a dû gérer la Ligue 1, la Coupe de France et la Ligue Conférence. Une densité de calendrier qui a pesé sur l’effectif, surtout dans le sprint final. Les blessures, les absences et la nécessité de parfois hiérarchiser les priorités ont forcément eu un impact sur les résultats en championnat.
« Avec la qualité que nous avons, nous devrions faire plus que 53 points. Mais c’est là où nous sommes aujourd’hui. Nous savons qu’il y a eu des situations, que nous avons dû prioriser d’autres choses, et nous avons aussi perdu notre meilleur buteur. C’est un gros coup dur. »
Sans le dire directement, Gary O’Neil fait référence à une fin de saison tronquée par les absences de joueurs importants, à commencer par Joaquín Panichelli, mais aussi Emanuel Emegha ou Valentin Barco. Dans un groupe déjà très sollicité, ces coups durs ont réduit la marge du Racing au moment décisif.
« Nous savons que nous pouvons faire 57 points »
Malgré cette frustration, le discours de Gary O’Neil reste ambitieux. Le coach du Racing veut surtout se servir de cette saison comme d’une base de travail. La barre des 57 points, atteinte la saison dernière, n’est pas vue comme un plafond, mais comme un repère.
« La saison prochaine, nous savons que nous pouvons faire 57 points, parce que cela a déjà été fait. Et je pense que nous pouvons faire plus. »
Pour cela, plusieurs conditions devront être réunies. O’Neil insiste d’abord sur le recrutement estival, qui devra permettre au Racing d’élargir son groupe et de corriger certaines limites apparues cette saison. Il évoque aussi l’importance de la préparation.
« Je pense que nous pouvons faire plus si nous faisons tous du bon travail dans le recrutement cet été. Si j’arrive à faire en sorte que les joueurs comprennent très bien les choses pendant la pré-saison, je ne vois aucune raison pour laquelle nous ne pourrions pas vivre une année fantastique, comme Rennes ou Lens. »
Sans l’Europe, un calendrier plus favorable
L’absence de Coupe d’Europe la saison prochaine reste une immense déception pour le club et ses supporters. Mais Gary O’Neil veut aussi y voir une opportunité. Sans match tous les jeudis, Strasbourg pourra davantage travailler, récupérer et préparer ses rencontres de championnat.
« Nous pouvons être comme eux, parce que nous n’aurons pas la distraction de devoir être prêts tous les jeudis pour la Ligue Conférence ou la Ligue Europa. »
Le mot peut paraître fort, car l’Europe a aussi offert au Racing de grandes émotions cette saison. Mais dans l’esprit de l’entraîneur anglais, le raisonnement est clair : sans surcharge européenne, son équipe pourra concentrer toute son énergie sur la Ligue 1.
Cette perspective nourrit déjà son ambition pour la saison prochaine. Après une première expérience en cours d’exercice, dans un contexte très particulier, Gary O’Neil aura cette fois une préparation complète, une meilleure connaissance du championnat et l’occasion de façonner davantage son équipe.
Une 8e place frustrante, mais pas anodine
La saison du Racing reste donc paradoxale. Elle laisse un goût amer, parce que Strasbourg a longtemps rêvé de prolonger son aventure européenne. Mais elle confirme aussi que le club s’est installé dans une autre zone du championnat.
Terminer 8e, avec potentiellement 53 points, après avoir disputé deux demi-finales et une campagne européenne, n’a rien d’anodin. Il y a quelques années, ce bilan aurait été accueilli comme une réussite incontestable. Aujourd’hui, il suscite des regrets. C’est peut-être le signe le plus clair que le regard porté sur le Racing a changé.
Strasbourg n’est plus seulement un club qui cherche à se maintenir. C’est désormais une équipe qui pense au top 6, à l’Europe et à la régularité sur le haut de tableau. Gary O’Neil le sait : la prochaine étape sera de transformer cette ambition en résultats sur toute une saison.











