Il y a eu ce moment, ce samedi à Jean-Bouin, où le football s’est arrêté. Le jeu a été suspendu quelques instants et le speaker a lu un message à l’attention du public, après un chant injurieux visant Liam Rosenior entonné par le parcage strasbourgeois. C’est le protocole en vigueur en Ligue 1 : quand un chant injurieux est signalé à l’arbitre, celui-ci interrompt la rencontre et fait diffuser un avertissement. Le Racing pourra difficilement défendre les siens sur ce point, et il ne le fera probablement pas.
Tout le monde aurait pu en rester là. Le match a repris, le Paris FC l’a gagné 2-1, et l’histoire était terminée.
Un entraîneur n’est pas un supporter
Sauf qu’au coup de sifflet final, Liam Rosenior s’est tourné vers ce même parcage pour aller le chambrer. La suite s’est écrite toute seule : les esprits se sont échauffés sur la pelouse, joueurs et staffs mêlés, et il a fallu quelques minutes pour que tout le monde redescende.
C’est là que l’entraîneur du Paris FC a passé une ligne. Pas parce qu’un chambrage serait interdit — un stade vit de ça, et l’homme venait de battre son ancien club. Mais parce qu’il était, ce samedi, le seul acteur du terrain à savoir exactement dans quel état se trouvait cette tribune. Le match avait été arrêté une heure plus tôt à cause d’elle. Le protocole avait fait son travail, le calme était revenu. Répondre au parcage au coup de sifflet final, c’est rallumer précisément ce que l’arbitre venait d’éteindre.
Un entraîneur n’est pas un supporter. Il n’a pas le droit à la même impulsivité, et Liam Rosenior, qui a passé la semaine à expliquer qu’il n’y avait aucun compte à régler avec Strasbourg, le sait mieux que personne. Il avait dit vouloir que le club se porte bien. Il a fini par montrer qu’il n’avait pas digéré grand-chose.
Le Racing sera peut-être sanctionné pour son chant, et il le méritera. Reste que le match retour à la Meinau vient de prendre une température que personne n’avait prévue, et que ce ne sont pas les supporters qui ont eu le dernier mot samedi.









