La dernière question de sa conférence de presse portait sur le football. On lui demandait ce que cette victoire contre son ancien club représentait pour lui. Liam Rosenior a répondu sur autre chose, et le premier mot qu’il a choisi n’était pas celui qu’on attendait après un succès : « De la déception. »
Puis l’entraîneur du Paris FC a posé la phrase que personne, à Strasbourg, n’avait envisagée. « Je sais, je comprends le français. Je comprends le contexte. La langue. Là, c’est allé trop loin. » Le chant du parcage strasbourgeois qui avait fait interrompre la rencontre, il ne l’a donc pas seulement entendu. Il l’a compris, mot pour mot, depuis son banc de touche.
« J’ai toujours voulu le meilleur pour ce club »
Le reste de sa réponse est celle d’un homme qui se défend d’un procès qu’on ne lui a pas fait ce soir-là. « Je dirais que les personnes du club qui me connaissent… J’ai toujours voulu le meilleur pour ce club. Je veux toujours le meilleur pour ce club de football. Il y a eu beaucoup de choses qui se sont passées dans un club de football merveilleux. J’ai toujours protégé ces traditions. Et la façon dont je l’ai fait, c’était pour de nombreuses raisons. »
Il n’en dira pas plus. Ni sur les raisons en question, ni sur ce qui s’est passé au coup de sifflet final, quand il s’est tourné vers ce même parcage et que les esprits se sont échauffés sur la pelouse. La question ne lui a pas été posée. Il ne l’a pas abordée de lui-même.
Restent deux versions d’une même soirée. Celle d’un parcage qui reproche à Liam Rosenior un départ en cours de saison pour Chelsea et le rappel de prêt de Mamadou Sarr, et qui le lui a fait savoir pendant quatre-vingt-dix minutes. Et celle d’un entraîneur qui dit avoir tout compris de ce qu’on lui chantait, et qui répond par la déception plutôt que par la colère. Le match retour aura lieu à la Meinau. Personne n’a fini de parler.









