La dernière question de sa conférence de presse portait sur le football. On lui demandait ce que cette victoire contre son ancien club représentait pour lui. Liam Rosenior a répondu sur autre chose, et le premier mot qu’il a choisi n’était pas celui qu’on attendait après un succès : « De la déception. »
Puis l’entraîneur du Paris FC a posé la phrase que personne, à Strasbourg, n’avait envisagée. « Je sais, je comprends le français. Je comprends le contexte. La langue. Là, c’est aller trop loin. » Le chant du parcage strasbourgeois qui avait fait interrompre la rencontre, il ne l’a donc pas seulement entendu. Il l’a compris, mot pour mot, depuis son banc de touche.
Le parcage de Strasbourg qui chante "Rosenior Fils de Pu** !"
— Yass_ine (@Yassine2S) September 19, 2026
Risque de faire arrêter le match. Pas très fute-fute 😅#PFCRCSA pic.twitter.com/ohPmaauVxy
« Pas de respect envers ma famille »
Ce qui a été chanté ne visait pas son travail d’entraîneur. « Certains supporters de Strasbourg n’ont pas le respect envers ma famille », a-t-il expliqué, à propos d’un chant construit autour d’une insulte visant sa mère. « Je comprends le contexte de ce qu’ils disaient. Mon banc était visiblement contrarié. »
C’est de là qu’est partie la fin de match. Et cette fois, contrairement à ses premières réponses, Liam Rosenior n’a pas esquivé la question de sa propre attitude au coup de sifflet final. Il l’a revendiquée. « Pour moi, célébrer de cette façon, c’était un message. C’était un message à un groupe de personnes qui n’ont jamais voulu que je réussisse dans ce club. »
Liam Rosenior 😎 🔥 #PFCRCSA pic.twitter.com/BtoQosGCMl
— Osama ML (@OsamaML97) September 19, 2026
« Une petite section »
Il a tenu, dans le même mouvement, à circonscrire ce groupe. « Et d’ailleurs, je veux être très clair sur ce point : une petite section, une petite section. Strasbourg est un fantastique club de football, avec de grandes personnes qui travaillent pour le club, avec de merveilleuses personnes qui le soutiennent. »
La défense du club, il l’avait déjà servie plus tôt dans sa réponse, et il y revient sans cesse. « J’ai toujours voulu le meilleur pour ce club. Je veux toujours le meilleur pour ce club de football. Il y a eu beaucoup de choses qui se sont passées dans un club de football merveilleux. J’ai toujours protégé ces traditions. Et la façon dont je l’ai fait, c’était pour de nombreuses raisons. »
Ces raisons, il ne les a pas détaillées. Il a refermé le sujet lui-même. « Mais je ne vais pas en dire plus là-dessus. Je veux parler de l’équipe, de la performance de l’équipe, de la façon dont nous avons bien joué et du début de la saison. »
Reste une soirée à deux versions. Celle d’un parcage qui reproche à Liam Rosenior un départ en cours de saison pour Chelsea et le rappel de prêt de Mamadou Sarr, et qui le lui a fait savoir pendant quatre-vingt-dix minutes. Celle d’un entraîneur qui dit avoir tout compris de ce qu’on lui chantait, qui assume y avoir répondu, et qui prend soin de ne viser qu’une partie de la tribune. Il a dit ne pas vouloir en dire plus. Il venait d’en dire beaucoup.









