Il avait toutes les raisons de se protéger. Hugo Oliveira venait de perdre 2-1 à Jean-Bouin, après avoir lancé Samir El Mourabet d’entrée pour la première fois de la saison, et son milieu de terrain, Samir El Mourabet, a commis une erreur sur la soirée. Interrogé là-dessus, l’entraîneur du Racing n’a pas bougé d’un centimètre.
« J’ai totalement confiance en lui. J’espère qu’il aura le courage de faire encore des erreurs, car c’est comme ça qu’on progresse. » Puis, sans qu’on le lui demande : « Le seul fautif, c’est moi. La manière dont ils nous ont pressés, dont ils ont déjoué notre plan… On devrait être plus agressifs. »
« Ils ont été meilleurs que nous »
Il n’y a pas eu la moindre tentative de sauver les apparences. « Notre première période a été très difficile. On a subi une grosse pression du Paris FC, on savait qu’il serait très fort dès le début du match. Ils ont été meilleurs que nous. »
Le plan existait pourtant, et il était précisément pensé pour ça. « Nous savions que Paris allait commencer le match avec beaucoup de pression. Quand on entame la construction avec Filip, il y a beaucoup de pression. L’idée était de contrôler grâce à la capacité de faire des rebonds, de faire du petit toucher pour avancer, de faire la transition d’un côté à l’autre. » Il n’a pas survécu au quart d’heure. Le Racing n’a pas cadré la moindre frappe avant la pause et a terminé avec cinq tirs, contre dix-sept au Paris FC.
Reste une explication, qu’on entend rarement dans la bouche d’Oliveira. « Nous étions nerveux, les joueurs étaient nerveux. On a été trop nerveux. Nous avons eu des difficultés à réagir, à trouver les bons repères dans l’espace pour nous connecter. Construire avec qualité et avec calme nous a été difficile. »
« On a sauvé l’honneur »
La suite lui a donné un peu de matière. « On a fait une bonne analyse à la mi-temps. On a trouvé des connexions après la pause, avec une occasion de Nanasi… Et Paris nous met le second but juste après. Mais nous n’avons pas lâché, on a sauvé l’honneur. » Il insiste aussi sur ceux qui sont sortis du banc : « La deuxième mi-temps a été bonne sur le plan de la mentalité, avec les joueurs qui sont entrés. C’est une bonne chose pour l’équipe. En fin de match, on était là, dans la surface de réparation, il aurait fallu un petit peu plus. »
Et puis il y a le discours de fond, celui qui lui sert de boussole depuis le mois d’août, avec l’effectif le plus jeune des cinq grands championnats européens. « Ce genre de match va nous développer, car on a vraiment souffert. Mes jeunes doivent apprendre, notamment sous pression. Quand c’est plus difficile, ils ont besoin d’apprendre. Ce groupe de joueurs a beaucoup de marge pour progresser. C’est un processus de développement. On va grandir, on va se développer, parce que ce sont des matchs comme aujourd’hui qui vont nous donner cette capacité. »
Le bilan d’entrée, il ne le renie pas. « On vient juste de terminer la première série de matchs avant la trêve et c’est plutôt positif. » Sept points en cinq journées et il n’a pas tort !









