Après l’élimination du Racing face au Rayo Vallecano en demi-finale de Ligue Conférence, Gary O’Neil a été invité à regarder en arrière. Depuis l’exploit contre Mayence, ce 4-0 qui avait fait basculer la Meinau dans une autre dimension, referait-il les mêmes choix ? Changerait-il quelque chose ?
Le coach strasbourgeois a reconnu qu’avec le recul, certains choix tactiques auraient pu être différents, notamment face au Rayo.
“Oui, nous aurions abordé le match contre le Rayo différemment tactiquement. Nous aurions utilisé dès le début l’organisation que nous avons mise en place en deuxième mi-temps contre eux.”
Gary O’Neil a aussi évoqué le cas de Valentin Barco, blessé à la cheville contre Mayence. Avec le recul, il estime qu’il aurait pu le sortir plus tôt pour éviter cette blessure.
“J’aurais aussi sorti Valentin contre Mayence avant qu’il ne se blesse à la cheville, pour que nous puissions l’avoir disponible.”
Pour le reste, l’entraîneur anglais estime que l’analyse est plus complexe. Il compte d’ailleurs échanger avec les membres du staff chargés de la gestion physique et du temps de jeu des joueurs.
“Le reste est difficile. Je vais parler avec les personnes qui gèrent les minutes des joueurs, l’équipe performance, parce que nous avons une excellente équipe.”
Gary O’Neil rappelle qu’il a beaucoup fait tourner en championnat pour préserver ses cadres en vue des grands rendez-vous européens. Mais selon lui, la comparaison avec le Rayo montre aussi la difficulté du Racing à arriver au bon moment avec ses meilleurs joueurs au meilleur de leur forme.
“J’ai beaucoup changé l’équipe en championnat pour reposer les joueurs. Si vous regardez Vallecano, ils ont un groupe différent, mais leurs joueurs ont enchaîné championnat, jeudi, championnat, jeudi. Et ils sont arrivés contre nous avec tous leurs meilleurs joueurs disponibles et en forme.”
Le constat est douloureux pour Strasbourg : au moment décisif, le Racing n’avait pas toutes ses armes.
“Nous, nous arrivons à ce match avec nos meilleurs joueurs blessés, de retour de blessure, ou pas dans leur meilleur moment.”
Le coach veut donc faire un vrai bilan collectif de cette gestion.
“Nous allons débriefer cela tous ensemble, pour essayer de voir si nous avons trop reposé les joueurs.”
Mais Gary O’Neil refuse les conclusions trop faciles après coup. Selon lui, chaque décision s’est prise avec les informations disponibles au moment donné.
“Évidemment, j’essaie de suivre les conseils qui me sont donnés. On ne sait jamais. C’est facile maintenant de dire que nous avons trop reposé. Mais si je fais jouer Samir et qu’il se blesse aux ischios, alors j’ai l’air fou.”
Même raisonnement avec Emanuel Emegha, blessé face à Toulouse après son entrée en jeu. Malgré cette blessure, Gary O’Neil assume toujours son choix.
“C’est pareil avec Ema. Mais aujourd’hui encore, je referais entrer Ema contre Toulouse, parce que le championnat reste important. Même s’il s’est blessé contre Toulouse, je pense toujours que c’était la bonne décision. Nous l’avons reposé autant que nous le pouvions.”
Pour l’entraîneur du Racing, la difficulté venait surtout de l’accumulation des matchs et de l’impossibilité de sacrifier une compétition.
“Gérer trois matchs par semaine, deux compétitions, avec des matchs énormes, où aucun ne peut être ignoré… Vous ne pouvez ignorer aucun match. Ils sont tous énormes. Cela s’est avéré difficile pour tout le monde.”
Gary O’Neil rappelle que même les plus grands clubs souffrent de ce calendrier. Alors pour Strasbourg, avec un effectif plus réduit, le défi était immense.
“Vous regardez le Bayern et ces équipes avec des effectifs énormes, c’est même difficile pour eux. Donc pour nous, avec ce que nous avons, c’était un défi très difficile.”
Malgré tout, il ne renie pas la majorité de ses choix.
“Je suis satisfait de la plupart de mes décisions. Bien sûr, on se trompe parfois. Je ne suis pas un robot, je suis humain. Mais j’ai pris toutes mes décisions pour les bonnes raisons.”
Le coach strasbourgeois est également revenu sur la fin de soirée tendue à la Meinau. Il aurait voulu rester plus longtemps devant les supporters pour leur témoigner sa reconnaissance, mais le contexte a changé après le coup de sifflet final.
“J’apprécie les supporters. Je suis déçu de ne pas avoir pu passer plus de temps avec eux après le match, parce que le plan était de rester là un moment et de leur montrer que j’apprécie ce qu’ils ont donné. Mais l’atmosphère a un peu changé.”
Gary O’Neil pense désormais au dernier rendez-vous à domicile face à Monaco. Un match particulier pour lui, puisque sa famille sera présente.
“J’ai hâte du match contre Monaco. Toute ma famille viendra au match. Ma famille veut aussi remercier les supporters pour l’accueil qu’ils m’ont réservé dans leur club et dans leur pays.”
Malgré l’élimination, malgré la fatigue, malgré les regrets, l’entraîneur anglais promet que le Racing ne lâchera pas cette fin de saison.
“Je leur ai promis que nous finirions la saison aussi fort que possible. Nous allons donner tout ce que nous pouvons. Je vais motiver les joueurs à se battre pour les trois derniers matchs.”
Et Gary O’Neil veut déjà tourner cette douleur en ambition pour l’avenir.
“Finissons la saison fort, revenons l’année prochaine, et grimpons en Ligue 1.”
Le Racing a manqué sa demi-finale, et Gary O’Neil l’assume. Il reconnaît certains regrets, notamment tactiques, mais refuse de réécrire toute l’histoire à froid. Son message est clair : des erreurs ont été faites, mais les décisions avaient un sens. Désormais, il faudra finir dignement, apprendre, renforcer le groupe et revenir plus fort.












