Gary O’Neil ne regarde pas seulement le présent. Même au cœur d’une semaine immense, entre la réception de Toulouse en championnat et le match retour de la demi-finale de Ligue Conférence face au Rayo Vallecano, l’entraîneur du Racing Club de Strasbourg se projette déjà vers l’avenir.
Souvent, ces dernières semaines, le coach anglais a évoqué la saison prochaine. Une manière de rappeler qu’au-delà des résultats immédiats, il voit plus loin. Il voit un groupe en construction. Un club qui progresse. Un effectif qui a déjà montré beaucoup, mais qui, selon lui, peut encore viser plus haut.
Interrogé sur cette projection régulière vers la saison prochaine, Gary O’Neil a livré une réponse forte. Il estime que la place actuelle du Racing ne reflète pas totalement la qualité de son groupe.
“Concernant la saison prochaine, oui, je suis enthousiaste, parce que je ne pense pas que nous devrions être huitièmes du championnat. Je pense que c’est en dessous de là où nous devrions être avec la qualité que nous avons.”
Le message est clair : Gary O’Neil croit au potentiel de son équipe. Cette saison, le Racing a dû composer avec un calendrier très lourd, entre le championnat, la Coupe et la Ligue Conférence. Une gestion rendue encore plus difficile par les blessures, la fatigue et l’obligation de faire tourner dans certaines périodes.
“Évidemment, quand je suis arrivé, nous étions à peu près dans la même position. Et depuis, nous avons dû gérer trois compétitions. Au début de la Ligue Conférence, on peut faire tourner l’équipe parce qu’on affronte des adversaires qui ne sont pas aussi forts. Maintenant, en Ligue Conférence, il faut être au complet, avec la meilleure équipe possible.”
Cette phrase résume l’évolution de la saison strasbourgeoise. Au départ, l’Europe pouvait encore permettre une certaine rotation. Mais plus le Racing a avancé, plus l’exigence est devenue immense. Aujourd’hui, en demi-finale européenne, plus question de calculer : il faut aligner ce qu’il y a de plus fort.
Et forcément, cette priorité européenne a eu des conséquences sur le championnat.
“Et en championnat, nous avons dû beaucoup changer. Nous avons dû prendre beaucoup de risques.”
Pour Gary O’Neil, cette expérience doit servir. Si Strasbourg retrouve à nouveau trois compétitions la saison prochaine, le club devra être mieux armé, plus profond, plus solide. Et l’entraîneur anglais se montre confiant sur la volonté du club d’aller dans ce sens.
“Je pense simplement que la saison prochaine, si nous connaissons le défi de jouer trois compétitions — et j’espère que ce sera encore le cas — nous serons mieux préparés. Je sais que les personnes au-dessus de moi, les propriétaires, David Weir et Marc Keller, veulent encore renforcer l’effectif.”
Le Racing vit déjà une saison forte. Mais dans l’esprit de Gary O’Neil, elle ne doit pas être un sommet isolé. Elle doit être une base. Un point de départ. Le signe que Strasbourg peut durablement s’installer plus haut, à condition de grandir encore.
Malgré cette projection, le coach anglais ne veut pas oublier l’urgence du moment. Il reste trois semaines à jouer. Trois semaines pour finir fort. Trois semaines pour tenter d’écrire l’histoire. Trois semaines avant de souffler, puis de préparer la suite.
“Donc je ne veux pas trop me concentrer sur la saison prochaine, mais je suis enthousiaste. Je suis enthousiaste pour les trois prochaines semaines. Je suis enthousiaste à l’idée d’avoir une petite pause. Et ensuite, je suis enthousiaste pour la saison prochaine.”
Gary O’Neil ne cache donc pas son ambition. Il juge le Racing capable de faire mieux. Il sait que cette saison a été éprouvante, parfois déséquilibrée par les choix imposés et l’enchaînement des compétitions. Mais il voit surtout un club prêt à franchir un nouveau cap. Le présent reste brûlant, avec Toulouse puis le Rayo. Mais l’avenir, lui aussi, semble déjà habiter Gary O’Neil.











