Il y a des chiffres qui racontent une saison. Et puis il y a ceux qui disent beaucoup plus que ça. Ceux de Joaquín Panichelli appartiennent à cette deuxième catégorie.Blessé depuis la fin du mois de mars, l’attaquant argentin du Racing Club de Strasbourg a manqué sept rencontres de Ligue 1 dans le sprint final. Sept matchs décisifs, sept occasions supplémentaires de faire trembler les filets, sept rendez-vous où le Racing aurait eu besoin de son avant-centre, de son poids dans la surface, de sa capacité à transformer une demi-occasion en but.
Et pourtant, malgré cette longue absence, Panichelli termine deuxième meilleur buteur de Ligue 1.
Avec 16 buts en 27 matchs, l’attaquant strasbourgeois n’est devancé que par Estéban Lepaul, auteur de 21 réalisations avec Rennes. Derrière lui, on retrouve notamment Mason Greenwood, également à 16 buts, mais en 32 rencontres. La différence est là : Panichelli a moins joué, beaucoup moins même, mais il a frappé plus fort. Son ratio parle pour lui : 0,59 but par match, l’un des meilleurs du championnat.
Une saison interrompue, pas effacée
Sa blessure aurait pu faire disparaître son nom des discussions. Elle aurait pu le sortir du paysage, l’éloigner des regards, laisser d’autres attaquants le dépasser dans le classement. Mais Panichelli avait déjà laissé une empreinte trop profonde.
Avant d’être stoppé, il avait porté le Racing à bout de bras à plusieurs moments de la saison. Dans une équipe engagée sur trois tableaux, entre Ligue 1, Coupe de France et Ligue Conférence, il a incarné cette efficacité froide dont les grandes saisons ont besoin. Strasbourg a vécu une campagne intense, parfois folle, souvent frustrante. Et Panichelli en a été l’un des symboles les plus puissants.
Car ce classement final dit quelque chose de son impact. Il ne termine pas deuxième meilleur buteur parce qu’il a profité d’un temps de jeu maximal. Il le fait malgré son absence, malgré une fin de saison manquée, malgré sept matchs où il n’a pas pu défendre ses chances.
Un manque immense dans le sprint final
Le Racing a fini très fort, avec notamment cette victoire spectaculaire face à Monaco, mais il a aussi laissé filer l’Europe pour un petit point. Dans ce contexte, impossible de ne pas penser à ce que Panichelli aurait pu apporter dans les dernières semaines.
Son absence a pesé. Elle a obligé Gary O’Neil à bricoler, à repositionner certains joueurs, à chercher d’autres solutions offensives. Julio Enciso a parfois dû évoluer dans un rôle qui n’était pas naturellement le sien. Le Racing a continué à exister, à se battre, à marquer, mais il lui a manqué son numéro 9 de référence.
Et malgré cela, son total reste immense : 16 buts. Dans une Ligue 1 à 18 clubs, avec seulement 34 journées, et une absence aussi longue dans la dernière ligne droite, ce chiffre prend encore plus de valeur.
La promesse d’un avenir encore plus grand
Panichelli n’a pas seulement marqué des buts. Il a changé le regard porté sur lui. Il a prouvé qu’il pouvait être bien plus qu’une bonne recrue : un véritable attaquant de haut niveau, capable de rivaliser avec les meilleurs buteurs du championnat.
Sa deuxième place au classement des buteurs n’est pas anecdotique. Elle est presque un message. Elle dit que, sans cette blessure, la lutte pour le titre de meilleur buteur aurait peut-être été différente. Elle dit aussi que le Racing possède, avec lui, une arme rare.
Dans une saison où Strasbourg termine 8e, atteint deux demi-finales et nourrit forcément des regrets, Panichelli restera comme l’un des grands noms de l’exercice. Un joueur arrêté trop tôt, mais pas assez pour être oublié. Un buteur blessé, mais toujours au sommet. Un absent qui a continué à peser.
Le Racing a manqué Panichelli. La Ligue 1, elle, n’a pas pu l’ignorer.












