Alors c’est reparti pour un tour. C’est reparti pour mobiliser à peu près tout le monde, pour rassembler toutes les forces en présence, pour espérer les retours des cadres absents, pour se persuader qu’une double confrontation va se jouer sur les 90 dernières minutes. Le Racing s’est encore compliqué la tâche en perdant le match aller. Et pourtant cette fois l’adversaire n’a pas eu la même emprise, n’a pas autant étouffé par son pressing et son intensité, son stade était bruyant mais deux fois plus petit, ses occasions relevaient plus de fulgurances que d’assauts successifs. Le Rayo, ce n’était pas Mayence mais c’est une équipe qui a joué le match qu’il fallait. Déjà, quand on empêche l’attaque strasbourgeoise de cadrer le moindre tir et qu’on permet à Mike Penders d’être le meilleur de son équipe, on fait une sacrée partie du travail. Le stade de Vallecas est un bon petit chaudron mais je m’étonne encore très franchement de voir un Racing autant sur courant alternatif. Rater un match arrive plusieurs fois dans une saison mais il s’agit souvent du même contexte.
Attention à ne pas toujours tout remettre sur la force de la Meinau au match retour, même si c’est tentant. Tout le monde pensait que la demi-finale de Coupe de France serait une partie de plaisir parce que tout le monde a vécu sa meilleure soirée de l’année contre Mayence. Être confiant est une force indéniable pour ces gamins qui se construisent une carrière et une mentalité, mais la procrastination a des limites. On aurait beaucoup trop de regrets d’être passé à côté de la première manche si la suite ne se passe pas comme prévu. Mais si les joueurs préfèrent être dos au mur pour mieux s’élever, qu’il en soit ainsi. Personne n’est mieux placé qu’eux pour savoir qu’ils jouent leur saison dans une semaine. S’ils ont besoin de se nourrir à nouveau d’un scénario épique, qu’il en soit ainsi. Les larmes de joie seraient encore plus belles. Mais avant de pleurer il y aura l’attente de toute une région qui ne veut pas que ça s’arrête. Le Racing est à nouveau condamné à l’exploit, alors c’est reparti pour un tour.












