À la veille de la réception de Toulouse en championnat, Gary O’Neil est revenu ce samedi en conférence de presse sur la défaite du Racing Club de Strasbourg face au Rayo Vallecano, jeudi soir, en demi-finale aller de Ligue Conférence. Interrogé sur la baisse de régime de son équipe après la pause, le coach anglais a livré une analyse détaillée, entre erreurs individuelles, choix moins justes et adaptation difficile au contexte espagnol.
Pour Gary O’Neil, Strasbourg a surtout cessé de faire certaines choses qui avaient bien fonctionné en première période.
“Oui, oui. On a arrêté de faire deux ou trois choses. On a commis beaucoup d’erreurs individuelles. Le ballon est passé deux fois sous le pied de Samir. Pour Lucas, le ballon a rebondi au-dessus de son pied et il est parti en touche. Sur ce terrain, ce genre de choses peut arriver.”
L’entraîneur strasbourgeois a notamment expliqué que son équipe avait volontairement cherché à jouer plus souvent dans le dos du Rayo en début de match, en raison des espaces réduits et de la pression imposée par l’adversaire.
“On a beaucoup joué vers l’avant. Je suis sûr que vous l’avez remarqué en début de match : on a davantage joué dans leur dos que ce que l’on fait normalement, parce que les espaces sont petits.”
Selon lui, le Rayo et son public voulaient justement pousser Strasbourg à jouer court pour mieux l’étouffer.
“Les supporters et l’équipe veulent que nous jouions court pour essayer de nous étouffer. En deuxième mi-temps, on ne l’a pas assez fait.”
Après la pause, le Racing a donc perdu plus de ballons dans des zones dangereuses, offrant au Rayo l’occasion de prendre confiance et de mettre davantage de pression.
“On a beaucoup perdu le ballon devant nous plutôt que derrière. Et ça leur a donné du momentum.”
Gary O’Neil a tout de même tenu à nuancer l’idée d’une domination espagnole écrasante. Selon lui, le Rayo n’a pas réellement créé de grosses occasions dans le jeu.
“Ils n’ont pas créé d’occasions, à part sur coups de pied arrêtés, ce dont nous avons déjà discuté et sur quoi nous travaillons dur.”
Le coach du Racing estime même que Mike Penders n’a pas eu grand-chose à faire en dehors de ces situations arrêtées.
“Mike n’a pas vraiment eu quoi que ce soit à faire dans le match, sauf sur coups de pied arrêtés.”
Mais il reconnaît que son équipe n’a pas su conserver la même menace offensive en seconde période.
“On n’a pas vraiment réussi à avoir la même menace en deuxième mi-temps parce qu’on a un peu perdu notre chemin sur le plan du positionnement. On n’a pas pris d’aussi bonnes décisions.”
Gary O’Neil n’a pas non plus oublié de rappeler la qualité du Rayo Vallecano, surtout dans son stade.
“C’est aussi parce que c’est un match difficile. Vallecano est une bonne équipe, surtout ici.”
Malgré la frustration, le technicien anglais veut retenir une première période positive, où son équipe a su dominer et poser de vrais problèmes à son adversaire.
“Avoir une mi-temps où nous avons été aussi dominants et aussi bons, c’était positif. En deuxième mi-temps, on a essayé de garder la même chose, mais on a un peu perdu notre chemin.”
Le résultat n’est pas idéal, mais Gary O’Neil considère que le Racing reste totalement vivant avant le match retour à la Meinau.
“C’est un résultat correct. Ce n’est pas idéal. On préférerait être à égalité ou devant, mais c’est correct.”
Avant d’ajouter :
“Ça veut dire que nous avons une grande chance jeudi, et j’espère que le match ici sera différent.”
Un groupe à gérer avant “le plus grand match de l’histoire du club”
Gary O’Neil a ensuite évoqué la difficulté de composer son équipe en cette fin de saison, entre les blessures, la fatigue et les enchaînements de matchs. Il a aussi rappelé que les joueurs sont exposés aux critiques, parfois sévères.
“C’est très difficile. C’est difficile pour les joueurs. Je sais qu’ils sont jugés à chaque fois qu’ils vont sur le terrain. Vous, dans le journal peut-être, je ne sais pas, vous leur mettez peut-être 4 sur 10 ou quelque chose comme ça. C’est difficile pour eux. Ils sont fiers.”
Le coach strasbourgeois a expliqué qu’il devait parfois replacer certains joueurs pour simplement garder un équilibre dans son équipe.
“Mais pour avoir suffisamment de joueurs sur le terrain, je dois faire jouer certaines personnes derrière.”
Il a notamment évoqué la gestion d’Omobamidele, qui ne peut pas enchaîner trois matchs dans la même semaine.
“Omobamidele ne peut pas vraiment jouer trois matchs en une semaine en ce moment. Il a déjà eu des problèmes par le passé quand il a joué trois matchs en une semaine. Donc nous devons être prudents avec Omobamidele.”
Même constat pour Doukouré, énormément sollicité ces dernières semaines.
“Doukouré a joué beaucoup de matchs, énormément de matchs.”
Et Gary O’Neil a rappelé l’importance du rendez-vous européen qui arrive jeudi prochain.
“Nous avons le plus grand match de l’histoire du club jeudi.”
Concernant Chilwell, le coach a précisé qu’il revenait d’une blessure au mollet et qu’il avait ressenti une alerte aux ischios face au Rayo.
“Chilwell revient juste d’une blessure au mollet et il a eu une alerte à l’ischio contre le Rayo jeudi. Il va bien, mais il a eu une alerte.”
Pour la réception de Toulouse, Guéla Doué sera absent, ce qui oblige encore Gary O’Neil à trouver des solutions.
“Guéla est absent. Je dois trouver une solution.”
Dans ce contexte, l’entraîneur anglais insiste sur la confiance nécessaire entre lui et ses joueurs.
“Je dois faire confiance aux joueurs. Ils doivent me faire confiance pour leur donner les bonnes informations et essayer de les aider pendant le match.”
Il a notamment tenu à remercier Maxi Oyedele et Junior Mwanga, utilisés à des postes qui ne sont pas les leurs.
“J’étais très reconnaissant envers Maxi Oyedele et Junior Mwanga la semaine dernière pour avoir joué à un poste qui n’était pas le leur pour l’équipe.”
Gary O’Neil reconnaît que tout n’a pas été parfait, mais il a surtout voulu mettre en avant leur état d’esprit.
“Ce n’est pas un travail facile. Ils ont fait quelques erreurs, bien sûr, mais c’est normal. Ils ont tout donné. Ils se sont battus dur.”
Avant Toulouse, le coach du Racing ne s’attend pas à bouleverser totalement son équipe, même si quelques adaptations sont possibles.
“Demain, j’essaie de réfléchir. Je ne pense pas qu’il y aura trop de choses folles, peut-être une ou deux.”
Avec humour, Gary O’Neil a même reconnu que l’incertitude pourrait surprendre Toulouse.
“La bonne nouvelle, c’est que ça peut peut-être surprendre Toulouse, parce que même nous, nous ne savons pas à quoi ça va ressembler. Donc pour Toulouse, ils ne le sauront certainement pas.”
Enfin, l’entraîneur strasbourgeois a terminé sur une note plus légère, en plaisantant sur son propre état physique et sur Valentin Barco.
“Moi ? J’ai un mauvais tendon d’Achille. Mon tendon d’Achille n’est pas très bon. À l’entraînement, parfois je joue, mais Barco essaie toujours de me tacler. Donc je dois sortir. Mais non, pas pour moi.”
Avant Toulouse, Gary O’Neil doit donc gérer les organismes, les absences et les équilibres. Mais dans toutes ses réponses, un rendez-vous domine déjà : jeudi prochain, à la Meinau, face au Rayo Vallecano. Un match que le coach strasbourgeois a lui-même qualifié de plus grand match de l’histoire du club.












