Quatre matchs de préparation, quatre défaites. Devant près de 4 000 supporters réunis au Parc des sports de Haguenau, le Racing s’est incliné 5-2 face à Elversberg, pensionnaire de deuxième division allemande, après avoir pourtant rejoint les vestiaires à égalité. Le résultat interroge ; la manière, elle, inquiète davantage.
| Adversaire | Résultat | Buts encaissés |
|---|---|---|
| Sporting Portugal | 0-7 | 7 |
| Blackburn Rovers | 0-2 | 2 |
| Brighton | 3-4 | 4 |
| SV Elversberg | 2-5 | 5 |
| Total | 4 défaites en 4 matchs | 18 |
Une première période cohérente, un effondrement en seconde
Il y a pourtant eu du positif à se mettre sous la dent. Pendant quarante-cinq minutes, le Racing a proposé un football cohérent, avec des séquences construites et un équilibre acceptable. À la pause, le score était de parité (2-2), et rien ne laissait présager la suite.
La seconde période a tout balayé. Trois buts encaissés, un scénario qui échappe totalement, et une équipe qui perd pied physiquement comme collectivement. C’est ce basculement, plus que le score final, qui doit retenir l’attention du staff.
La défense, point noir de cette préparation
Le constat s’impose match après match : le niveau défensif reste très insuffisant. Après les sept buts concédés face au Sporting, les deux contre Blackburn et les quatre à Brighton, ce sont cinq nouvelles réalisations encaissées face à un adversaire de deuxième division allemande.
Dix-huit buts en quatre rencontres, soit une moyenne de quatre et demi par match. Aucun angle de lecture ne permet de relativiser ce chiffre. Le secteur défensif est le chantier numéro un du Racing, et il l’est de manière criante.
Ce que le contexte impose de rappeler
Trois éléments doivent néanmoins accompagner cette lecture.
Le premier : l’état de forme. Hugo Oliveira compose actuellement avec des joueurs à des stades de préparation radicalement différents. Certains ont repris depuis un mois, d’autres rentrent tout juste de Coupe du monde, d’autres encore sortent de vacances écourtées. Le technicien portugais jongle avec des organismes disparates, ce qui rend impossible l’alignement d’un onze stable — et explique en partie ces baisses de régime en seconde période.
Le deuxième : l’effectif n’est pas complet. Ismaël Doukouré était en tribunes, Diego Moreira reste suspendu à son avenir, Guéla Doué est annoncé partant. À l’inverse, Filip Jørgensen n’a pas encore été officialisé, Giovanni Reyna vient tout juste de signer, et le club continue de travailler sur un défenseur central et un avant-centre. L’équipe alignée ce mardi ne sera pas celle du 21 août.
Le troisième : le calendrier. Il reste deux matchs de préparation — Fribourg samedi, puis Newcastle le 16 août — et surtout quatre semaines de mercato, la fermeture étant fixée au 1er septembre. Le Racing débutera donc le championnat avec un effectif encore en construction, comme la totalité des clubs de Ligue 1.
Le message d’Hugo Oliveira
Le technicien portugais, lui, ne cède pas à la fébrilité. Face à ses supporters alsaciens pour la première fois de l’été — les trois premières sorties s’étant déroulées en Algarve puis en Autriche —, il a tenu à délivrer un message rassurant en zone mixte, appelant le public à ne pas s’inquiéter, à rester calme, et assurant que l’équipe sera prête pour le déplacement à Marseille.
Une constance qu’il affiche depuis le début de la préparation, lui qui répète préférer le processus au résultat. Reste que ce discours devra bientôt s’accompagner de signes tangibles sur le terrain.
Ni panique, ni déni
Faut-il s’alarmer ? Non, pas à ce stade, et l’histoire récente montre qu’une préparation ratée ne préjuge en rien d’une saison. Le Racing lui-même n’avait gagné qu’un match sur quatre l’été dernier avant d’atteindre une demi-finale européenne.
Faut-il pour autant balayer ces signaux ? Certainement pas. Dix-huit buts encaissés, un effondrement physique en seconde période et une charnière encore à construire, cela fait beaucoup de voyants orange à dix-sept jours du déplacement à Marseille.
La vérité se situe entre les deux : ce Racing-là n’est pas encore une équipe, et il lui reste peu de temps pour le devenir.
Le calendrier est court, le mercato inachevé, la défense fragile. Rien n’est perdu, mais rien n’est réglé non plus.











