Alors que le Racing risque de ne pas retrouver l’Europe la saison prochaine, Gary O’Neil refuse de réduire l’exercice strasbourgeois à une déception. Après une demi-finale de Ligue Conférence, une demi-finale de Coupe de France et une lutte longtemps menée en championnat pour les places européennes, l’entraîneur anglais estime que cette saison doit être replacée dans son contexte.
Pour lui, l’enchaînement des compétitions a fortement pesé sur un groupe qui découvrait ce niveau d’exigence.
“Je comprends que nous voulions être en Europe. Bien sûr que nous le voulons. Mais je pense que c’est assez normal, quand on voit des équipes se qualifier pour l’Europe pour la première fois, que la saison suivante soit difficile pour elles.”
Gary O’Neil ne doute pas de la qualité de son effectif. Selon lui, le Racing avait les armes pour exister sur chaque tableau. Le problème est venu de l’accumulation.
“L’effectif est assez bon pour finir dans le top 5 ou 6 du championnat, il n’y a aucun doute. L’effectif est assez bon pour être compétitif en Europe. L’effectif est assez bon pour être compétitif en Coupe. Mais faire les trois en même temps, c’était beaucoup demander.”
Le coach strasbourgeois a aussi rappelé le poids des absences, notamment au moment le plus important de la saison.
“Surtout avec les situations malheureuses que nous avons connues, perdre nos joueurs les plus importants au moment le plus important, c’était difficile.”
Malgré la frustration actuelle, Gary O’Neil assume donc son jugement : cette saison restera forte dans l’histoire récente du club.
“C’est une bonne saison. Je pense que c’est une saison qui restera dans la mémoire de beaucoup de supporters.”
Si le Racing ne parvient pas à se qualifier pour l’Europe, l’entraîneur anglais veut y voir une obligation claire : se concentrer pleinement sur la Ligue 1 pour y retourner rapidement.
“Bien sûr, la saison prochaine, si nous ne sommes pas en Europe — même si notre objectif est toujours d’y être — cela nous donnera une vraie concentration claire sur le championnat. Et cela nous rappellera que nous devons vite retourner en Europe.”
Pour Gary O’Neil, cette étape fait partie de la progression normale d’un club qui grandit.
“Je pense que c’est une progression normale pour le club. Je n’ai pas vérifié, mais même en Angleterre, quand des équipes se qualifient pour l’Europe pour la première fois, le championnat devient souvent très difficile pour elles la saison suivante.”
Le Racing a tenté d’aller au bout dès sa première campagne européenne récente. Il n’en a pas été loin, mais il lui a manqué quelque chose.
“Nous avons essayé de gagner une compétition européenne cette année, mais peu d’équipes gagnent une compétition européenne dès leur première tentative. Nous sommes tombés tout près.”
Le coach reconnaît tout de même que certaines choses n’ont pas fonctionné. L’effectif était trop court, les rotations trop nombreuses, et l’équipe a dû bricoler dans les moments décisifs.
“C’est une combinaison de choses qui n’ont pas tout à fait tourné dans notre sens. Nous nous sommes retrouvés un peu courts en nombre dans le groupe. Nous avons dû faire beaucoup de changements dans le onze de départ.”
Mais Gary O’Neil veut surtout retenir l’apprentissage.
“Nous avons beaucoup appris. Je pense que le club a beaucoup appris.”
La suite dépendra désormais de la fin de saison. Si l’Europe reste encore mathématiquement accessible, le Racing sait qu’il devra vite transformer cette expérience en progression concrète.
“J’espère que la saison prochaine, nous aurons une compétition européenne à disputer. Si ce n’est pas le cas, nous savons que nous aurons un objectif clair en championnat : nous assurer d’y retourner.”
Le message est clair : Gary O’Neil ne veut pas entendre que la saison du Racing est ratée. Elle est frustrante, inachevée, douloureuse par moments, mais elle a aussi montré que Strasbourg pouvait viser plus haut. Reste désormais à construire un groupe capable de tenir cette ambition sur toute une saison.












